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Oct 18

Le diner

[Quand on sait que ce sont les jeunes qui pourront nous sortir de ce pétrin, pourvu qu’on leur en donne les moyens, on ne peut qu’être admiratif sur la pertinence d’une telle analyse et ses conclusions. La classe dirigeante fait aussi des petits.]-alpha.b

“Les choses ont beaucoup changé ici… même au cours des six derniers mois”, nous a dit un ami lors d’un dîner. “Tout le monde savait qu’il y a un marché noir en France. Mais c’était vraiment obscur… en profondeur”.

 “Maintenant, à la moindre transaction, on vous suggère que le prix sera plus bas si vous payez en liquide. Notre femme de ménage. Autrefois, on lui donnait un chèque. Maintenant, elle veut du liquide. Et si on fait intervenir un plombier ou un couvreur… on finit par payer au moins une partie de la facture en liquide. C’est la seule manière d’avoir un prix raisonnable”.

 “L’autre chose, c’est que les petits commerçants en ont tellement assez du système qu’ils veulent vous aider à tricher. Ils mettront un faux prix sur la facture. Ou ils feront tout bonnement une fausse facture. Ils demandent du cash. Ils vous diront même comment éviter de payer la TVA”.

“Le problème, c’est que la classe dirigeante — Hollande et tous ses amis — n’a pas la moindre idée de ce qui fait vraiment marcher un pays”, a expliqué un autre invité, maire d’une petite ville. “Ils n’ont jamais eu d’emploi dans le privé. Ils n’ont jamais dû équilibrer un budget ou payer un employé. Tout ça, c’est de la théorie et de l’idéologie, pour eux. Ils ont passé leur vie à l’abri du monde réel, obtenant leur argent du gouvernement ou d’un parti politique. Pas étonnant qu’ils n’aient pas la moindre idée de la manière dont une économie fonctionne”…

 “Mais ils ruinent le pays. Ils créent une génération entière qui ne travaillera jamais. J’exagère, mais c’est l’idée. Ce n’est pas loin de la réalité, de toute façon. Les jeunes s’habituent à vivre dans ce monde irréel. Ils s’attendent à faire des études tous frais payés. Ils s’attendent ensuite à ce que le gouvernement leur fournisse un emploi. Et dans la mesure où on est en France, ils espèrent ne rien faire et prendre plein de vacances”.

 “Il n’y a pas que les jeunes”, a dit un autre homme. “Les cadres aussi. Ils ont assez d’argent pour profiter de leur temps libre. Ils attendent les vacances. Ils pensent qu’ils ont le droit de ne travailler que 35 heures par semaine. Et s’ils travaillent plus… ils accumulent plus de vacances. La semaine des 35 heures a fichu le pays en l’air”.

“Jusqu’à la faillite”, avons-nous proposé.

 “Merci”, a continué le maire. “Des millions de jeunes sont déjà sortis système. Ils font semblant de chercher un emploi. Ils touchent de l’argent parce qu’ils sont au chômage. Ou bien parce qu’ils se forment à un nouveau métier. Ou ils touchent de l’argent… je ne sais pas pourquoi”.

 “Et ils viennent dans ma ville. Je ne sais pas pourquoi. Ils n’y trouveront jamais d’emploi. Ils viennent et ils traînent. Parfois, ils fondent une famille”.

 “Vous savez, la loi nous oblige à fournir un endroit propre et convenable pour ceux qui n’ont pas d’endroit où vivre. Mais ces gens le transforment en décharge. Ils n’en ont rien à faire. Ils sont en dehors de tout le système légal. Ils restent là toute la journée. Ils se droguent. Ils vous mentent. Il y a de quoi rire, parce qu’on sait qu’ils mentent, et ils savent qu’on sait… mais que faire ? Il y en a de plus en plus, des gens comme ça. Combien de temps est-ce que ça peut durer ?”

 “Jusqu’à la faillite”, avons-nous répété.

Extraits d’un article de Bill Bonner   La Chronique Agora

 

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