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Nov 28

Vous avez dit Managers ?

Constat, oh combien réel, pour nos grandes entreprises, mais que dire alors de nos PME familiales de deuxième ou troisième génération, pour l’entrée dans un environnement économique que personne n’a jamais connu ? Sans même parler de managers financiers ce qui va finir par devenir un oxymore.

Quand ce ne sont pas les employés, mais leurs responsables, qui posent problème

Le mois dernier, le président français Nicolas Sarkozy a recommandé aux Français de dépenser moins mais de travailler plus. Pour beaucoup d’observateurs, les salariés français sont paresseux. Mais pour Schumpeter de The Economist, la paresse n’a rien à voir dans le retard de la France par rapport à l’Allemagne. Le problème vient de la désaffection des salariés français pour leur entreprise. Un sondage de 2005 avait indiqué que 79% des salariés français aimaient l’entreprise dans laquelle ils travaillaient. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 64%. La racine du mal, c’est le management à la française.

Un rapport du Forum économique mondial sur la compétitivité indique que les Français ont une « éthique de travail plus forte que les employés américains, britanniques ou hollandais ». Mais quand il s’agit de l’opinion que les Français ont de leurs managers, c’est autre chose : la France se classe en dernier sur un palmarès de 10 pays, selon une étude de 2007. Alors que 2/3 de salariés américains, britanniques ou allemands affirment qu’ils ont des relations amicales avec leur responsable direct, moins d’un tiers des Français peuvent en dire autant… Les responsables des plus bas niveaux hiérarchiques et les employés de base ne sont pas motivés par leur entreprise.

Pour le journal économique, il y a des raisons à ce désengagement :

– Les entreprises françaises privilégient les technocrates pour leurs équipes de direction. Un phénomène de cooptation existe : on privilégie les diplômes sur le mérite, et ce sont les membres de ces élites diplômées qui sont plus volontiers retenus, plutôt que des candidats choisis pour leurs performances.

– Beaucoup de PDG ont donc été formés dans les grandes écoles (HEC, ESSEC…), et ils ont une approche théorique de la gestion. En outre, beaucoup de ces cadres de direction français ont été fonctionnaires. Une fois « parachutés » en entreprise, ils négligent le besoin de motivation des salariés, et commandent avec distance et autorité en imposant une hiérarchie très rigide, sans favoriser l’esprit d’équipe.

– Cela se traduit également par l’appel à des candidats externes lorsque des postes de cadres de haut niveau doivent être pourvus. En outre, les entreprises privilégient les membres de la famille ou les cadres présents depuis longtemps. Ces pratiques peuvent être très frustrantes et démotivantes pour les cadres en interne qui ne se voient jamais récompensés à hauteur de leurs ambitions.

Les sociétés françaises ont toutes les raisons de s’intéresser à ce mécontentement, parce qu’elles y perdent en compétitivité. Selon une étude récemment menée par le centre de recherche économique Coe-Rexecode, les responsables allemands collaborent mieux avec leurs subalternes que ne le font les Français.

Certains managers se révèlent être un vrai casse-tête pour l’entreprise qu’ils dirigent.

source The Economist/Express.be nov11

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