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Oct 01

The beat goes on

 

Commentaire du Samedi  1er Octobre : And the beat goes on !!!! par Bruno Bertez

 Nous avons attiré l’attention récemment sur le grand renversement des flux de capitaux dans le monde global. Au lieu de quitter les Etats Unis comme après les Quantitative Easing 1 et 2 les capitaux y reviennent. C’est ce que nous avons appelé dans un article récent, le roi était nu, il se rhabille. L’opération TWIST renforce l’attrait du dollar et des valeurs du Trésor US expliquions nous. Avec pour conséquence une moindre liquidité globale en dollars, un assèchement même de la liquidité. Nous avons en outre comparé le phénomène à celui qui s’est passe dans les années 30.

Les observateurs superficiels ont cru que ce renversement des flux s’expliquait par la fuite devant le risque provoqué par la crise du subprime européen. 

Nous avons proposé une interprétation différente à savoir que nous étions, certes, en plein risk- off, mais que l’ampleur du mouvement s’expliquait par un gigantesque deleveraging de la communauté spéculative mondiale. 

 Nous étions, selon nous, dans une phase de débouclage des opérations de carry initiées tout au long des trois dernières années. Nous avons expliqué que le carry qui consiste à emprunter des dollars qui ne coûtent rien pour investir dans des actifs à rendement élevés, ce carry était équivalent à une position vendeur à découvert de dollars : C’est cette position vendeur à découvert de dollars qui est en train de se racheter. La finance mondiale réduit son bilan. 

On commence à voir les conséquences de ce renversement des flux.

Nous attirons l’attention sur le fait que non seulement l’Europe est en crise mais que les émergents, sont en train de se trouver eux aussi déstabilisés. La crise Européenne pourrait bien être d’une certaine façon contagieuse et nous pesons nos mots.

Le mouvement d’inversion des flux de capitaux est graduel, mais nous le datons d’avril 2011. C’est à cette date que le dollar index a touche son plus bas sous les 73. Il a fait une base sur laquelle nous avons attiré l’attention disant qu’elle semblait préluder à un renversement de tendance dans le sens haussier. Ceci a été vérifié et le dollar index est maintenant à 78,30. un beau parcours, mais qui ne rend pas suffisamment compte de ce qui s’est passé sur les marches des

Au cours des trois derniers mois si nous ne nous trompons pas les monnaies des émergents ont littéralement dégringolé.

 

Le real Brésilien a chuté de 17%, le peso Mexicain de 16%, le dollar Australien de 10%, le dollar canadien de 8%, le dollar de Singapour de 7%. Les dégâts ont été importants également sur le won Coréen, le Rouble etc.

Les capitaux, le hot money fuient les émergents et les placent dans des positions difficiles. Plus d’accès aux marchés des émissions internationales alors qu’ils en avaient été les chouchous. Les taux montent, les spreads s’élargissent et surtout les CDS s’envolent. Des pays comme l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Argentine etc. ont des difficultés à se refinancer et doivent consentir de fortes hausses des rémunérations. La Russie est en grande difficulté et en cours déstabilisation.

On a remarqué la semaine dernière le grand bond en avant des CDS chinois, ils ont flambe de 20% en quelques jours et ont quasi doublé depuis juillet.

En un mot comme en cent, les liquidités s’asséchant on se retrouve dans le cas de figure bien connu de la mer qui se retire et donne ainsi a voir ceux qui sont nus.

La thèse du découplage, la thèse de ceux qui soutenaient que les émergents étaient l’endroit où il fallait être, cette thèse est en train d’être coûteusement battue en brèche.

Pour notre part nous avons toujours soutenu que la thèse du découplage des émergents était une absurdité, que le monde global était hiérarchisé avec un Centre, les Etats Unis, et qu’il ne fallait pas espérer de rééquilibrage. Les émergents n’ont été  prospères que grâce au laxisme américain grâce au déversement des capitaux américains, grâce à la demande américaine: Supprimer tout cela ou simplement ralentissez  le flux et la demande américaine et les émergents apparaîtront pour ce qu’ils sont , des profiteurs. Leur modèle économique et financier n’est pas autonome, nous ne sommes pas dans un monde multipolaire. Les émergents ne constituent pas l’alternative à la locomotive, au Centre économique et financier que constituent les Etats Unis.

Les bourses des émergents sous performent depuis ce fameux mois d’avril, l’indice Dow Jones Global fait une performance relative calamiteuse en regard du S & P 500.

La sinistre transitivité pourrait bien se déclencher avec mise en branle des effets négatifs sur les économies réelles comme par exemple celles qui produisent les matières premières, le pétrole etc. Les courroies de transmission des enchaînements négatifs sont multiples et variées, financières,bancaires, matières premières,change, exportation etc. Et même plus comme les déstabilisations sociales par exemple.

Tout ce qui est fragile, marginal, périphérique dans le Système peut se trouver du jour au lendemain déstabilisé, telle est notre hypothèse. La manne du laxisme monétaire américain a tout perturbé, tout perverti, la disparition de cette manne agit comme un décapant et fait ressortir toutes les faiblesses.

Ces derniers jours, les CDS des grandes banques internationales ont fortement monté. Une fois de plus, aveugles par la crise européenne les commentateurs ont mis cette augmentation sur les errements européens. Nous pensons qu’ils se trompent : le risque bancaire mondial est en train d’enfler a cause de la détérioration de la situation des émergents, à cause des craintes de chute des matières premières, à cause de la fragilité des périphéries.

 L’absence de QE2, opération TWIST sont à notre avis les causes de la dislocation en cours.

 L’apprenti sorcier Bernanke n’a pas compris qu’avec ses QE 1 et 2 il a déclenché des spéculations mondiales colossales, que ces spéculations ne sont pas débouclées, qu’elles ont fait bulle, et qu’elles sont dans les livres de compte des banques.

 Quand on accoutume les gens à une drogue, il est imprudent de les sevrer brutalement. La drogue c’est le dollar surabondant, les taux d’intérêt réels négatifs, l’érosion continue du dollar index. Si elle ne coule plus dans l’organisme global, cela le rend nerveux et pour finir dangereux. Les maillons faibles du Système ne manquent pas, même du côté des banques américaines, suivez mon regard du côté celles qui se sont particulièrement mises en évidence ces derniers jours.

Une semaine de plus de dislocation des marchés et nous sommes persuadés que l’on reparlera de la drogue, de QE 3. Comme nous l’avons dit dès le début de la crise, les responsables de la conduite des affaires ont engagé le monde sur un chemin dont on ne revient pas.

BRUNO BERTEZ

Si l’analyse est correcte, et elle se tient, tout ça ne va pas arranger nos affaires !

 

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