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Avr 23

Peur ou espoir ?

 

L’histoire du progrès se confond avec l’extension de la sécurité des personnes et des biens, la conquête de la dignité dans la vie professionnelle par le droit au travail et au revenu, l’assurance croissante de vivre tranquillement ses vieux jours.

Depuis une vingtaine d’années, ces trois attributs du progrès social, garantis par le capitalisme contrôlé de l’après-guerre, sont remis en cause. L’insécurité, que l’on croyait définitivement vaincue, revient en force. Elle envahit aussi le monde du travail, où s’étendent le chômage et la précarité. Enfin, elle est en train d’hypothéquer l’avenir à cause des menaces pesant sur les systèmes de retraites et d’épargne.

Cette montée de l’insécurité urbaine, sociale et financière, les gouvernements, en France comme dans la plupart des pays occidentaux, qu’ils soient de gauche ou de droite, se révèlent impuissants à l’enrayer.

Plus grave : les élites la jugent inévitable car elle est supposée nourrir le dynamisme économique de nos sociétés.

Une nouvelle idéologie est apparue qui prétend dépasser le cadre national et exalte le risque pour tous, alors que seule une caste détentrice de la rente peut mettre son existence à l’abri des tumultes du monde.

Or, si les gouvernants ne peuvent plus protéger les populations qui les ont élus, à quoi servent-ils ?

 La sécurité des personnes, des biens et de l’avenir est, depuis le Moyen Âge, le socle du contrat social. C’est sur elle que se sont fondés l’État moderne et la démocratie.

 Voilà pourquoi les élites seront bientôt confrontées à un choix radical : protéger ou disparaître.

Peur comme espoir sont des passions.

Et les passions sont puissantes, l’espoir comme la peur.

P.Cohen :   Protéger ou disparaitre

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