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Déc 06

L’espoir (dans le désespoir)

Voila pourquoi il faut impérativement se réveiller et participer, pour ceux qui le peuvent, à l’éclosion de ce nouveau monde, inévitable, qui va être une chance à donner à nos petits enfants et les générations à suivre.

C’est la moindre des choses que nous puissions faire.

Pessimiste le catastrophisme ?

Alors que, de jour en jour, la situation se dégrade, la perception de la crise n’est décidément pas la même chez tout le monde. Alors que pour beaucoup de gens, la crise est perçue comme un problème provisoire faisant suite à une série d’erreurs de nos méchants politiciens; nous sommes encore peu à mesurer que c’est tout un système qui est en faillite. Un système basé sur une croissance continue, permettant chaque année des dépenses supérieures aux recettes, la croissance future étant sensée régler la note.

Mais voilà, la croissance, il n’y en a plus pour le moment et il se pourrait bien qu’il n’y en ait plus jamais. Les ressources s’épuisent, le prix de la potion magique (entendez le pétrole) ne va faire qu’augmenter, l’économie ralentit et du coup nos dettes nous écrasent.

Pour l’instant on maintient le système virtuellement en augmentant dangereusement l’endettement des états avec des taux indécents. Mais la conclusion devrait bientôt s’imposer à tous : la fête est finie !

L’opinion encore dominante lorsqu’on fait état de cette situation est la suivante: il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme. Celui-ci relève du pessimisme qui est un manque de foi dans l’homme. Je ne peux décidément pas supporter cet argument. Tout d’abord parce que dans la bouche de ceux qui le formulent, on retrouve l’idée que l’optimisme c’est croire au maintien de ce système. Or, de notre point de vue, ce système est la source de nos malheurs, de la dégradation de la planète, d’un amoindrissement de notre créativité, d’une réduction de notre essence à celle de consommateur, etc.

Nous sommes nombreux consciemment ou inconsciemment à aspirer à autre chose, à espérer une autre vie plus simple, plus libre et plus locale. En ce sens notre catastrophisme n’a rien de pessimiste, nous aspirons à l’émergence d’une toute nouvelle vision de l’existence.

La crise est économique, certes, mais le problème principal de nos sociétés n’est pas du tout économique. Même avec moitié moins de ce que nous possédons aujourd’hui nous aurions bien plus que ce que la majorité de l’humanité, de tout temps, n’à jamais possédé. Nous avons tous, spéculateurs comme syndicalistes, les yeux rivés sur les indicateurs économiques. Alors que c’est surtout nos conceptions qui rendent les gens pauvres ou la situation difficile.

Nos visions sont tronquées à ce point que nous ne percevons même pas tout ce que nous avons perdu en succombant à la société de croissance. Nous sommes devenus pauvres en relation, en solidarité et en créativité. Nous sommes devenus ridicules avec notre shopping de Noël, nos besoins faramineux, notre déconnection totale avec la nature.

Il est totalement faux et absurde de sous-entendre que ce système permet la simplicité à ceux qui y aspirent. C’est archi faux ! Cette société est une prison à ciel ouvert dans laquelle un seul mode de vie est permis, encouragé et possible. Les sollicitations, les relations, le travail, tout est organisé de façon à nous faire participer à ce système. La simplicité n’est permise qu’au prix d’une marginalisation totale.

Caprice de bourgeois ? Idéologie bobo ? Ne succombez pas aux étiquettes. La simplicité est une proposition que l’on retrouve à toute époque, dans toutes les spiritualités, dans toutes les sagesses, chez la plupart des philosophes. Etiqueter toute velléité de changement c’est défendre l’immobilisme, c’est encore et toujours succomber à la peur qui fait du statut quo la meilleure solution possible.

Cette période, j’en suis persuadé, apparaîtra dans les livres d’histoire comme une parenthèse désastreuse. En à peine, un demi siècle, nous aurons épuisé les ressources, détruit la planète et nous nous sommes rendus totalement inadaptés et déconnectés de notre milieu et des techniques ancestrales qui ont toujours permis à l’homme de subvenir à ces besoins! Quel gâchis ! Quel espoir que tout ceci finisse !

Par Matthieu Peltier http://legrandtournant.over-blog.com

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