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Avr 14

Le don

[Extraits d’un remarquable papier « organiser la résistance» sur le blog de Paul Jorion qui concerne la Grèce mais qui doit s’appliquer aussi à chacun de nous et à nôtre pays si on a un quelconque souci de ses enfants et petits enfants. Il faut rentrer en résistance mais de façon active par l’exemple]-alpha.b

 

 

 

Le seconde solution serait le don, parce que les effets des politiques d’austérité sont très concrets et que les dons financiers à des ONG qui agissent sur le terrain permettent aussi de répondre concrètement aux besoins partagés de solidarité. Nous pourrions considérer qu’un tel don pourrait former une dette des récipiendaires à notre égard mais l’on pourrait aussi considérer que notre don ne fait suite finalement qu’à la dette que nous formons envers ceux qui résistent à des politiques qui seraient prochainement appliqués ici ou ailleurs s’ils ne le faisaient pas.

Et comme on peut marier l’utile à l’agréable, ces mêmes dons auprès d’ONG d’intérêt général peuvent aussi ouvrir droit à réductions d’impôts dès lors où ces organismes correspondent aux définitions données par le Ministère des Finances en France (ou ailleurs en Europe si de telles avantages fiscaux sont aussi consentis) et que le don soit reçu par un organisme situé dans l’Union Européenne.

Outre le fait que ceci montre que la réglementation européenne a aussi des effets bénéfiques pour les citoyens, y compris à partir du principe même de libre circulation des capitaux, cette disposition permet indirectement de faire participer solidairement les gouvernements européens aux effets des politiques qu’ils ont défini et décidé de faire appliquer, au travers des dons de leurs citoyens.

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La troisième solution permettrait de prolonger le don, souvent ponctuel, mais aussi de permettre aux citoyens qui le souhaitent de ‘sortir par le haut’ de situations dans lesquelles ils peuvent parfois se retrouver eux aussi otages ou responsables : le don des intérêts liés à l’épargne. Ce type d’action permettrait à la fois de pérenniser les dons ponctuels pour le financement d’actions concrètes et à la fois aux épargnants européens qui le souhaitent et le peuvent de proposer une solution à un problème dont ils perçoivent confusément l’origine trouble de leurs intérêts.

En lieu et place donc d’une stigmatisation, cette solution permettrait de développer la prise de conscience parmi les épargnants que la recherche effrénée de l’intérêt versé comme rémunération à un dépôt d’épargne est aussi un rouage du mécanisme qui broient par la dette ceux d’à-côté avant que de les broyer eux-mêmes, tout en étant solidaires des luttes que mènent ceux qui en subissent les effets. Les dépôts pourraient donc s’effectuer sur des comptes non rémunérés aux déposants mais permettant d’identifier le montant des intérêts générés et le montant des dons versés.

La mesure, outre son aspect très concret, permettrait aussi de modifier les comportements des citoyens européens quant à leur épargne et leurs positionnements sur la question du loyer de l’argent, lequel entretient les mécanismes de la dette et de l’austérité.

Zebu « Organiser la Résistance » www.pauljorion.com

 

 

 
 
 
 
 

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