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Juin 29

Condamnés

 

Réduire le temps de travail, en particulier le temps de transport et de logistique, ne peut que renforcer la productivité. Mais dans le régime actuel du capitalisme financiarisé qui recherche le profit maximum, cela ne signifie pas réduction de la durée du travail pour tous, non cela signifie une perte d’emplois pour certains que la technologie remplace.

La création d’emploi dans les nouvelles technologies, cela se produit, mais en partie seulement. Pour les autres, la robotique et l’IA vont se traduire par un véritable chemin de croix.

Les travailleurs qui ont été licenciés vont sans aucun doute chercher/trouver un emploi dans un autre secteur, mais même s’ils en trouvent un, la perspective qu’ils vont devoir affronter est celle du déclassement.

C’est une vérité bien connue de tous ceux qui se trouvent dans cette situation dès maintenant; la rétrogradation. Surtout avec le vieillissement et les reports de l’âge de la retraite.

Dévalorisés par la division du travail, concurrencés par les travailleurs venus d’ailleurs, plus ou moins âgés, en position de faiblesse donc, ces pauvres diables valent si peu en dehors de leur ancien poste qu’ils ne peuvent trouver accès à aucune industrie, à l’exception de quelques branches de qualité inférieure et donc sur approvisionnées et sous-payées.

C’est exactement ce qui se passe aux USA. Ce n’est pas de la théorie.

Ce qui est négligé par les apôtres du modernisme et de la productivité à n’importe quel rythme, c’est la situation d’ensemble.

La productivité, les robots, l’IA ont pour fonction de réduire le nombre d’heures travaillées dans le système, mais comme le système est un système de concurrence exacerbée pour le profit, avec un rapport de forces défavorable au facteur travail, les gains sont absorbés par le Capital et l’Etat.

Se pose donc la question: qui va acheter, qui va faire tourner la machine économique si la croissance continue, si la production enfle et si le pouvoir d’achat n’est pas là ?

Réponse: il n’ y a que la progression illimitée du crédit qui peut suppléer l’érosion des revenus gagnés et maintenir en marche la machine. Face à l’insuffisance chronique des revenus, face à l’insuffisance de la demande, il faut produire du crédit. Et du crédit bon marché, bradé, de plus en plus bradé; avec même des taux négatifs,

Il va falloir payer les gens pour qu’ils s’endettent.

On va les payer pour qu’ils acceptent la servitude. C’est un système dialectiquement condamné.

Extraits d’un article de Bruno Bertez              brunobertez.com

 

 

 

 

 

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