«

»

Août 17

Autodestruction

 

 

Notre avenir et notre prospérité dépendent de l’innovation, mais celle-ci n’intéresse quasiment plus personne au sein de nos sociétés occidentales.

 De fait, les fondamentaux qui caractérisent une économie dite « traditionnelle «  ont été amplement bouleversés, tant aux USA que dans la majeure partie des nations européennes. C’est en effet une inversion des valeurs qui a progressivement – mais sûrement – non seulement privé l’appareil de production des investissements qui y étaient canalisés, et qui permettaient naguère d’améliorer tant les conditions de travail des salariés que la qualité des produits manufacturés. C’est, en outre, un flux inverse de liquidités que les entreprises ont subi puisque les capitaux en ont même été extraits, sachant que cette déprédation et que cet assèchement de l’outil de travail se déroulent aujourd’hui selon une ampleur proprement « industrielle »

Que celles et ceux qui sont toujours persuadés aujourd‘hui que les financiers se bornent à faire de l’argent avec de l’argent reviennent à la réalité. Car tant le système financier que ses exploitants (qualifiés révérencieusement d’ »investisseurs ») s’enrichissent sur le dos de ceux qui conçoivent et qui produisent nos biens d’équipement et nos produits industrialisés.

En y regardant d’un (tout petit) peu plus près, il est aisé de constater que l’hypertrophie de la finance et de ses profits tout aussi démesurés qu’indécents se sont concrétisés en foulant aux pieds les revenus des pauvres et de la classe moyenne, comme la qualité de nos emplois. Bref, c’est les intérêts vitaux de la vraie économie qui ont progressivement été sacrifiés à l’autel de la finance, des investisseurs, des spéculateurs, du court-terme et de leurs bénéfices.

Saviez-vous que de nos jours – oui en 2013 ! -, la nouvelle maxime de Wall Street et de la City est : “I.B.G.-Y.B.G.” ? “I’ll Be Gone, You’ll Be Gone”, soit en français : «  je ne serai plus là, vous ne serez plus là », qui signifie très clairement que les cataclysmes de demain – inévitables comme conséquence des comportements d’aujourd’hui – ne sont pas leur problème.

Les financiers, et tous ceux qui gravitent autour d’eux ne seront en effet plus ici…et ce sera à d’autres de gérer les problèmes. Il va de soi que cette énième version d’ »après moi le déluge » se fiche éperdument de stabilité financière, de la classe moyenne, de la qualité de nos emplois, etc…

Le “shareholder value”, cette posture consistant à privilégier le détenteur de cash – c’est-à-dire l’actionnaire – a décimé l’appareil de production, a détruit le capitalisme d’antan, a fabriqué des conglomérats à taille inhumaine exclusivement destinés à optimiser les profits, tout en piétinant bien-sûr les salariés, les contribuables, la recherche, le développement, la formation.

Extraits d’un article de Michel Santi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *