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Déc 12

Anne, ma soeur anne

Bien sur que si, il sait pourquoi la croissance s’est arrêtée, celle que l’on a connue ces dernières décennies était totalement artificielle parce qu’elle ne tenait qu’avec une montagne de dettes.

Game over (ou plutôt tilt) parce que non seulement la croissance ne reviendra pas mais en plus il va falloir effacer (en peu de temps) celle qui était artificielle.

Dur, dur !

Si l’Europe plonge dans un ralentissement profond ou prolongé, le reste du monde suivra. Parce que l’Europe est un gros client — pas seulement pour l’Asie ; pour les Etats-Unis aussi.

La seule manière pour l’Europe de se sortir de la dette, c’est la croissance. L’austérité à elle seule n’y suffira pas. Les dettes de l’Europe ne peuvent être remboursées que si l’économie se développe. Non que nous comptions là-dessus. Au contraire, nous pensons que ça n’arrivera pas.
Les dépenses sociales européennes ne peuvent continuer que s’il y a de la croissance. Sans croissance, tout tourne mal. Les dettes ne peuvent être remboursées. Les fonctionnaires ne peuvent être payés. Et ni le marché boursier, ni le marché obligataire ne valent autant que ce que pensent les gens.

Tout le monde pensait que la croissance se poursuivrait — même si elle était interrompue de temps en temps par une récession. Toutes les récessions, depuis les années 40, ont été des pauses rapides et relativement indolores, non des changements de direction majeurs.

A présent, quelque chose semble avoir changé. Peut-être est-ce une Grande Récession, comme l’appellent certains. Peut-être est-ce une Grande Correction, comme nous l’appelons. Et peut-être que l’ère de la croissance est terminée.

Ce serait énorme, si c’était vrai. Lorsque les gens ont prêté de l’argent au gouvernement et aux emprunteurs privés, ils pariaient sur la croissance.

Quand les gouvernements ont étendu leurs promesses de retraites et de soins de santé, ils comptaient sur la croissance. Otez la croissance et les crédits tournent mal, tout comme les promesses. Et s’ils tournent mal, toute la structure du capital et du gouvernement est en danger. Sans croissance, quasiment toutes les grandes banques de la planète feront faillite. Sans croissance, tous les gouvernements du monde développé feront défaut (ou pire). Sans croissance, le monde que nous connaissons s’effondre.
Mais pourquoi la croissance s’arrêterait-elle ?

Nous n’en savons rien. Mais elle s’est arrêtée au Japon. La production actuelle au Japon est en fait plus basse qu’elle ne l’était en 1991. Que s’est-il passé ? Les banques étaient surendettées. Les entreprises en avaient trop fait. L’immobilier était suracheté.

Le gouvernement japonais a réussi à tenir tout ça… mais uniquement en en faisant lui-même trop. Ses dettes sont désormais si lourdes que les îles de l’Archipel pourraient sombrer sous leur poids. Les actions et l’immobilier ont perdu environ deux tiers de leur valeur. Il n’y a pas plus d’emplois qu’il y a 20 ans.

Et toujours pas de signe de croissance.

Les Etats-Unis pourraient-ils faire de même ? Oui, tout à fait.

Et l’Europe ? Idem.

Bill Bonner : La chronique Agora

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