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Jan 28

Alice

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L’essentiel dans nos sociétés c’est ce que l’on ne voit pas. Nous disons souvent, mais ce n’est qu’une comparaison bien sûr, que c’est l’inconscient, le non-su, le caché qui gouvernent.

 Et ici ce qui gouverne, c’est le passif du bilan de nos systèmes.

Nos systèmes ont failli sauter en 2008, ils ne l’ont pas fait, mais c’est au prix colossal d’une fragilisation bilancielle. Une fragilisation au niveau des chiffres mais encore plus au niveau qualitatif car pour « tenir » il a fallu tout faire remonter au cœur du système, le couple Gouvernements/Banques Centrales et singulièrement au cœur du centre, les Etats Unis.

On a tenu, mais en même temps on a échoué, voilà ce que bien peu savent : nous avons échoué à relancer la croissance. Les élites le savent depuis 2014, elles.

Nous avons dit que nos systèmes ont tenu au prix d’une fragilisation bilancielle historique, d’autres formulent les choses autrement, ils disent au prix d’un « gap » d’un écart considérable entre le réel et ses signes représentatifs, entre le réel et les illusions, entre les promesses et les moyens de les tenir, entre les stocks, les masses et les flux, les cash-flow pour les honorer.

Ce sont des formulations différentes mais elles cernent la même réalité: les déséquilibres, les gouffres, les béances. Une insuffisance de la production de richesses réelles face à l’inflation exponentielle des ayants droits.

L’espoir de la croissance a globalement disparu. Donc on ne peut plus espérer que le réel va rattraper les illusions et venir les solvabiliser. Les promesses ne pourront être tenues.

Vous comprenez en passant un peu mieux les divers ballons d’essai qui sont lancés de temps à autres , ils tournent autour du pot: il y a trop de promesses. Il faut les euthanasier, par la confiscation dite fiscale, par la redistribution avec la montée du thème des inégalités, par l’interdiction de l’usage du cash pour protéger les banques des runs et avoir un accès direct aux excédents d’avoirs  monétaires des contribuables, par les législations qui permettent de geler les dépôts et les assurances-vie, etc etc.

Vous noterez également que jusqu’à présent on se refuse à entrer dans le seul vrai domaine réaliste; la restructuration/moratoire des dettes et des promesses. On refuse les opérations dites vérités. D’ailleurs sont-elles encore possibles?

Si le système tient , s’ il ne s’effondre pas, c’est parce qu’il est en équilibre, il y a un pont qui permet passer au-dessus du gouffre, de franchir le fossé. Ce pont n’est pas matériel, tangible, sonnant et trébuchant, non il est imaginaire.

 Les composantes de cet imaginaire sont:

-l’ignorance, la crédulité, les rideaux de fumée.   Les peuples et  leurs représentants,  prennent les vessies pour les lanternes et les imposteurs pour des prophètes,

-l’expérience du passé car chaque fois que l’on a frôlé la catastrophe et dieu sait s’ il y en a eu des alertes, on a réussi à passer le cap,

-le court termisme, la tyrannie des apparences, l’esprit de jeu, la surestimation personnelle, on croit toujours que l’on s’en sortira,

L’ignorance, l’expérience, la psychologie  se combinent pour donner une alchimie que l’on peut appeler la foi, la confiance. Le fond, est miné; il est donc fragile. Mais il tient grâce à la force de l’imaginaire.

 

D’après un article de B.Bertez               brunobertez.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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