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Mar 01

Servir

Une seule question mérite d’être posée, par chacun de nous, pour guider chacune de nos vies, et pour tenter de remettre le monde sur le chemin de sa survie et des lumières.

A quoi servons-nous ? À quoi servez-vous ?

Il faut être utile.  

A qui, ou à quoi, faut-il l’être ? À soi-même ?

Cela ne peut suffire  Autrement dit, et c’est révolutionnaire : une raison d’être utile ne peut être créée par celui qui la cherche. Elle doit exister indépendamment de lui.

Alors, comment être utile ? Posez-vous cette question : à quoi servez-vous ?

Je dois servir à ce que d’autres, qui me sont inconnus et ne dépendent pas de moi, soient heureux, et en particulier à ce que ceux qui existeront après moi soient heureux. Autrement dit, à ce que le monde soit un peu meilleur après moi, grâce à moi.

Mais une telle réponse purement altruiste est très difficile à exiger de tous les humains, dans la vie quotidienne.

Pour qu’il soit réaliste d’escompter que chacun serve à quelque chose, il faut encore que chacun trouve son bonheur dans le fait de servir à quelque chose, comme par exemple rendre les autres, inconnus, heureux ou préserver la nature, ou tout autre projet altruiste.

Il faut qu’être heureux soit la conséquence de son utilité au monde et non pas sa propre raison d’être.

Ce n’est ni simple, ni naturel. Et la survie de l’humanité ne l’est pas. Telle est même la grandeur de la condition humaine. Telle est aussi sans doute l’explication profonde de notre difficulté à créer les conditions de notre propre pérennité.

Tel est sans doute enfin le combat majeur de notre civilisation, si elle ne veut pas disparaître, dans le feu et les larmes, mais au contraire progresser, en donnant du sens à chacun de nos propres gestes, à chaque sourire de l’autre.

 « Etre soi-même le but de sa vie, ne mène pas bien loin »

Mère Teresa

 Extraits d’un article de Jacques Attali : à quoi servez vous ?

 

 

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