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Avr 26

Peur

Nous sommes dépossédés de nos défunts.

L’État et son heuristique de la peur semble avoir conquis le monopole radical de la mort.

Et je n’entends aucune voix, aucune rage, aucune fureur monter de la rue.

Et je n’entends aucune plainte. J’ai passé le moment d’émerveillement face au retour de la nature.

L’homme ne s’est pas retiré du monde, il s’est retiré de lui-même, il a retranché son humanité. Ne pas enterrer ses morts, c’est enterrer sa vie même.

Comment osons-nous pousser des caddies et abandonner nos morts ? Comment osons-nous laisser les gens crever seuls ? Comment osons-nous regarder ailleurs ?

Qui a l’autorité de nous dire comment accompagner nos défunts ? Qui a l’autorité de nous interdire un geste, un deuil, un murmure ?

Je ne vous pardonnerai pas de laisser crever les morts. Je ne vous pardonnerai pas d’avoir blessé ma compagne. Je ne vous pardonnerai pas votre inhumanité habillée d’urgence sanitaire.

Vous voulez que j’écoute les oiseaux, que je regarde les rorquals dans les calanques, vous voulez que je visionne des séries, que je lise des livres.

Vous voulez que je médite sur le sens de l’existence.

La voilà ma méditation métaphysique : vous êtes des chiens aveugles qui piétinez nos âmes sur l’asphalte du progrès.

Vous êtes les fantômes d’un monde mortifère détruisant nos songes.

Vous avez presque le monopole radical de la mort, je ne vous laisserai pas celui de la vie.

Extraits (choisis) d’un article de Mathieu Yon sur le blogalupus

 

 

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