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Avr 17

Conteur

Enfin, il y eut le drame : la fiction qui rencontre le réel. Le réel qui désintègre la fiction.

Le virus tuait des gens. Beaucoup. Beaucoup trop. Aussi, n’était-il plus possible de cacher que le virus se fichait du Contrat social et du monde enchanté.

Certes, le virus aspirait au vivre ensemble et désirait la mixité sociale. Mais ce n’était pas pour enrichir la société, ni être une chance pour la France.

Loin de là : c’était pour mieux parasiter le corps social, vivre sur son dos, sucer son sang et son énergie et se reproduire à ses dépens !

Comble de l’ironie, le coronavirus, sans doute influencé par la Belle Histoire et désireux de s’intégrer, en tous cas au nom des principes d’égalité et de non-discrimination, a manifesté son désir de vivre aussi bien avec les généreux du monde enchanté que les malheureux du monde réel.

En fait, les virus étaient de véritables nomades, tels que les aimait Jacques Attali, l’un de nos plus grands conteurs. Ils faisaient un hôtel de chaque hôte, quel qu’il soit, et s’y trouvaient parfaitement dans leur patrie !

Bref, les conteurs, malgré eux attirés dans le monde réel, n’ont plus pu nier celui-ci.

A contrecœur, pour se protéger, ils ont dit qu’il fallait rétablir les frontières et ont avoué à demi-mot qu’elles étaient utiles. Le récit a changé reniant la moraline qui faisait l’enchantement de leur monde, ils ont déclaré la guerre au virus sans papier, pourtant seulement coupable de s’être réfugié parmi nous, après avoir été chassé de Chine.

A l’heure où nous écrivons, il ne reste plus grand chose de la Belle Histoire

La fiction vient d’éclater comme un ballon de baudruche à la chaleur d’un volcan en éruption.

Contraints par le virus qu’ils ont laissé entrer, les conteurs désertent le monde enchanté et débarquent dans le monde réel.

Voyez : ils n’ont pas perdu de leur superbe !

Déjà, sur les écrans, ils construisent une nouvelle histoire où ils tiennent le beau rôle.

C’est qu’ils pensent régner dans le réel comme ils régnaient autrefois dans la fiction.

Mais savent-ils seulement, ces pauvres conteurs, qui et ce qui les attend dans le monde réel ?

Extraits d’un article de Antonin Campana sur le blog de bruno Bertez

 

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