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Avr 16

L’education

[Comme l’auteur le conclut lui même il y a à prendre et à laisser dans ce coup de gueule. Néanmoins beaucoup de choses vraies et qui font que nous sommes ce que nous sommes, c’est à dire absolument pas préparés à ce qui arrive. Avant de commencer à bouger, il est nécessaire de se laver la tête !]-alpha.b

 

 

Ce sont les infos qui me gonflent. Tous ces premiers de la classe qui à longueur de journées me prennent pour un con, c’est usant.

Dernière en date : 70% des jeunes rêvent d’être fonctionnaires. Ils l’ont fait où ce sondage ? A la sortie de l’ENA ? Si c’était vrai, l’industrie de la charentaise serait en plein essor.

Il y a un truc que je déteste, c’est l’Education Nationale. Cette prison pour enfants, où tous purgent une peine incompressible de 10 ans, m’a meurtri jusqu’au plus profond de moi-même. Au point que j’ai mis plus de vingt ans à pouvoir y remettre les pieds sans malaise. Cette machine à déformer les personnalités, à les étouffer jusqu’à les transformer en dictaphone répétant inlassablement la pensée unique, plus quelques détails pour se pousser du col, est abjecte.

Elle a pourtant la prétention d’être détentrice de la mesure étalon qui délivre à chacun sa place dans la pyramide sociale. Il faut dire qu’elle s’est salement incrustée. Bien des métiers anciennement accessibles par le travail et la bonne volonté ne le sont plus, et tous les jours la liste se resserre, la populace en redemande.

Bien heureux les vrais voyous, les cas désespérés que l’on envoie au ski ou sur des goélettes de rattrapage. Mais n’est-ce pas là que tous les jeunes voudraient aller ?

En réalité, la partie insouciante de notre vie, l’enfance et l’adolescence, période où nous devrions nous découvrir et découvrir librement le monde, nous est volée par l’éducation nationale. Elle s’octroie le droit de nous enfermer, de nous intoxiquer.

Un hypermarché de l’éducation, 200 amphis, 600 profs, 300 matières, ouvert à tous sans exclusive, où, moyennant le prix d’une place de ciné, tous pourraient apprendre ce qu’ils souhaitent, ce serait bien. Sans, au bout, la sanction ridicule d’une médaille, mais le simple plaisir de savoir, de savoir utile, d’approfondir ce que l’on aime ou ce dont on a besoin.

C’est beaucoup trop demander, l’éducation nationale n’est pas là pour vous être utile, elle est là pour être utile à ceux qui profitent du système, elle est là pour vous transformer en bon petit soldat. N’imaginez pas, pauvre petit bonhomme, que la patrie dépense 140 Milliards d’€ par an et nourrit un million de fonctionnaires pour votre épanouissement personnel, vous rêvez.

Un tel machin, personne ne doit pouvoir y échapper, non mais quoi….

Elle fait tout, l’éducation nationale. Elle remplace la famille, le rêve, l’envie, elle oriente, elle encadre, elle encarte, elle fiche, elle classe. Tous en sortent avec un « casier » scolaire, qui les suit toute la vie.

Evidement, elle n’apprend ni vraiment l’orthographe, ni vraiment les mathématiques, encore moins les choses essentielles comme la banque, le commerce, le droit, la santé, la démocratie, la liberté de pensée, la propriété privée, le respect des autres, le cadre de nos libertés, le bien manger, le bien lire, le bien boire, le bien s’habiller, le bien acheter, le bien louer, les contrats, les déclarations fiscales, tout ça, il va falloir l’apprendre tout seul. Parce que, comme on l’a vu, quand on est grand, l’éducation nationale : c’est fermé.

Comment expliquer aux jeunes gens de ce pays que l’éducation nationale : rien à foutre. L’avenir, ce sont eux. Et eux, ils sont les seuls à décider ce qu’ils seront. Ils peuvent être ce qu’ils veulent, tout est accessible, tout peut s’apprendre, à n’importe quel moment, sans se prendre la tête. Ce qu’ils vont inventer, créer, est plus important que d’apprendre ce que les autres ont déjà inventé, créé. La vie c’est eux, parce que la vie c’est le présent et le futur, pas le passé. Le passé, c’est la mort.

Evidemment, il n’est pas question de faire table rase du passé, mais il doit venir en accompagnement de l’avenir, en perspective, et non en contrainte, en guide imposé.

Bon, je sens bien que j’ai pété un câble, mais franchement, y en a marre…

Cordialement. H. Dumas 

http://www.objectifeco.com/economie/article/henri-dumas-j-en-ai-marre-comment-dire-vraiment-marre

 

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