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Jan 11

Le trésor de rien

Ce ne sont pas des conseils.

C’est simplement ce que nous ferions si nous étions dans une situation de manque d’argent.

D’abord, nous reviendrions à la philosophie – Démocrite, Epicure, Zénon, Sénèque, Marc Aurèle et Lucrèce (sans parler de Jésus de Nazareth).

Ils affirment – quoique de manières différentes – que ce qui compte dans la vie n’a pas grand-chose à voir avec la richesse ou le statut. Ce qui compte (du moins selon les descriptions de Platon), c’est le courage, la sagesse, la justice et la modération.

Le bon côté de la liste de Platon… et de toutes les doctrines épicurienne/stoïcienne/ascétique… c’est qu’elles ne coûtent pas grand-chose !

Comme l’ont dit de nombreux philosophes et maîtres religieux, la richesse peut entraver les choses vraiment importantes. Elle peut vous distraire et réduire votre véritable bonheur.

Si vous voulez plus d’argent, vous devez d’abord comprendre pourquoi vous le voulez… et comment la richesse pourrait affecter votre vie.

Notre but n’est pas de « composer » avec la misère financière. Ni de se soumettre à la pauvreté – même si cela nous rend heureux. Nous voulons plutôt maîtriser la pauvreté… pour vivre mieux.

Tout le monde – à moins d’être un saint ou mentalement déficient – veut avoir une bonne estime de soi. C’est le but premier dans la vie des gens et la seule raison pour laquelle ils s’intéressent à l’argent (en dehors de la quantité minimum pour survivre).

Dans la mesure où nous sommes une espèce compétitive, cette estime de soi est proportionnelle à combien nous nous sentons supérieur à ceux qui nous entourent, mais la race humaine est si futée que nous sommes capables de trouver de la supériorité quasiment partout.

Si l’on n’a pas d’argent ?

Alors dépenser est vulgaire, superficiel et inutile !

Pauvres riches !

Celui qui se sent supérieur à eux tous est celui qui ne possède rien, ne sait rien et n’est personne. Il est libre de toutes les vanités qui encombrent les vies des autres !

Dans l’Europe du Xème siècle, vivre de peu était à la mode. Les gens abandonnaient leurs biens pour rechercher une existence contemplative.

Ils voulaient éviter les distractions et les tentations de la vie quotidienne afin de pouvoir vivre de manière plus pure… dans la simplicité et la sainteté… et se sentir supérieurs.

A présent, nous allons relever le défi. Notre but sera de vivre mieux. Nous mettrons un point d’honneur à le faire sans dépenser d’argent.

Ensuite – à mesure que nos jours déclinent, que nos appétits s’amoindrissent et que notre énergie pâlit au fil du temps – notre trésor de rien augmentera, car nous aurons besoin de moins en moins de choses.

Un livre. Un lit. Une chandelle. Que pourrions-nous vouloir de plus ?

Déjà, nous avons pitié des riches. Dans notre coffre vide, nous avons le plus beau trésor de tous – l’espoir du bonheur.

Oui, cher lecteur : bénis soient les pauvres, parce qu’ils bénéficient du don de l’ignorance.

Ils pensent encore pouvoir être heureux… si seulement ils avaient plus d’argent !

C’est là bien entendu une illusion que seuls les pauvres peuvent se permettre. Les riches en savent plus long. Ils ont trop d’argent. Ils savent que cela ne peut pas leur acheter le bonheur.

Les pauvres n’ont-ils pas de la chance ? Il leur reste l’espoir !

Extraits d’un article de Bill Bonner la chronique AGORA

 

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