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Mar 23

L’avenir à crédit

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Hier, le 22 mars, les banques sont allées chercher des milliards d’argent gratuit au guichet de la Banque centrale européenne où les attendait ce bon M. Mario Draghi. « Un système de refinancement très avantageux », nous explique L’Agefi.

Peut-être baignez-vous dans une bienheureuse ignorance quant à ce système avantageux.

Voici comment il marche.

Vous êtes le patron de la banque MaxiProfitPourMoi (MPPM). Vous avez accordé un mauvais crédit et cette vilaine créance est un « prêt non performant ». Vous allez l’apporter au guichet de ce bon M. Mario Draghi. Il examine (à peine) votre vilaine créance qu’il déclare superbe, la « prend en pension » et à la place vous donne une ligne de crédit du même montant.

Du crédit pas cher. Du crédit gratuit ?

Non : mieux que ça. N’oubliez pas que vous êtes le boss de la banque MPPM. A ce titre, vous bénéficiez du taux exceptionnel de -0,4%. Sur 100 € de ligne de crédit que vous allez recevoir, vous gagnez en plus 0,40 €. En contrepartie, vous vous engagez à prêter aux entreprises et aux ménages, hors prêts immobiliers. C’est ce qu’on appelle la « politique non conventionnelle ».

L’argent gratuit ou mieux que gratuit, ce n’est évidemment pas pour nous. C’est pour les amis de M. Draghi. Ensuite, quel taux paiera un entrepreneur qui sollicite un prêt de sa banque ? Presque rien si c’est un ami du boss de MPPM qui a fréquenté les mêmes amphithéâtres de l’ENA et qui dirige une grande entreprise cotée. Beaucoup plus, évidemment, si c’est un artisan qui, imperméable au « choc de simplification », est obligé d’investir afin de se mettre en conformité avec une nouvelle norme absurde.

Voici les conséquences du « créditisme » :

Tant que celui qui prête à mauvais escient gaspille de l’épargne, de l’argent existant et déjà mis de côté, ce n’est pas trop grave. Car si le prêt tourne mal, le prêteur ne détruit que le passé.

En revanche si le crédit est accordé avec de l’argent factice, de l’argent encore inexistant mais dont un banquier central omniscient pense qu’il existera dans le futur, c’est plus grave.

Cette fois, si le prêt tourne mal, c’est l’avenir qui est détruit.

 

Extraits d’un article de Simone Wapler         La chronique AGORA

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