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Sep 08

La ruine

Dans les années 60 vers la fin, le système a eu du mal à maintenir sa croissance, il a buté, il a sur accumulé, il a eu des difficultés à maintenir sa profitabilité et donc la valeur du capital amassé, et pour tenter de le faire, il s’est financiarisé; la financiarisation est la réponse du système à ses difficultés à se reproduire et à se perpétuer.

Se financiariser cela signifie s’envoyer en l’air, se déconnecter du réel, couper progressivement ses ancrages, supprimer les freins à la création de monnaie et de dettes, bref c’est nier la gravitation, c’est buller dans un monde imaginaire de signes déconnectés du réel.

En se financiarisant le capitalisme s’oblige à maintenir la monnaie surabondante et à baisser son prix, c’est à dire qu’il s’oblige à maintenir les taux bas. Il se prive de son mode d’ajustement continu et progressif: l’inflation.

 Les taux ne peuvent être maintenus en baisse continue que si l’inflation est inexistante. Et ce faisant s’interdisant l’inflation, le système bute encore plus clairement et irrémédiablement sur ses limites internes.

La ruine c’est l’écart entre la masse d’actifs financiers d’un côté et la masse de richesse réelles de l’autre. Mais tant que les autorités monétaires font jouer l’orchestre de la monnaie gratuite et distribuent du punch anesthésiant, les participants/fêtards ne savent pas que la ruine est consommée, ils ne le sauront que quand ils vont se précipiter vers la sortie du bal des cocus et tenter de sortir du piège.

Tout cela est produit par les énormes injections d’argent effectuées par les banques centrales. Elles achètent des obligations par centaines de milliards en créant de la monnaie nouvelle, pour permettre aux entreprises et aux institutions d’emprunter à des taux très bas.

Ceux qui reçoivent cet argent spéculent sur des actions, des obligations, des biens immobiliers et des crypto-monnaies , des œuvres d’art, etc. Tout le monde s’enrichit, tout le monde se croit génial.

Cet argent gratuit dont il est garanti qu’il continuera de l’être, alimente l’ingénierie financière, le jeu de Monopoly dont le fondement consiste à acheter des actifs qui rapportent un peu avec un gros endettement qui ne coûte rien.

Dans tout cela il y a peu de vraie création de richesses réelles, peu d’investissements productifs, il n’y a que « création » alchimique de valeur boursière. Le capital s’auto-engrosse par son propre mouvement spéculatif. Le système se goinfre de valeurs fictives, de fraudes, d’escroqueries. Tout cela est encouragé, solvabilisé aux plus hauts niveaux, tout le monde croit être gagnant, y compris les autorités politiques et monétaires.

Le système ne veut pas que le public comprenne que la bourse, les actions, les obligations , les crédits, les dérivés tout cela, ce ne sont que des morceaux de papier, des titres, titres de propriété, des contrats et que ce ne sont pas des outils qui produisent et fabriquent quoi que ce soit.

Les marchés financiers ne produisent aucune richesse , mais ils peuvent créer des impressions de fausse richesse grâce à des dispositifs similaires du type Ponzi.

L’argent est de plus en plus investi de manière « improductive », la spéculation et l’ingénierie remplacent l’investissement et les dépenses d’équipement, et tout devient pervers. Il suffit que la création de monnaie nouvelle ralentisse, que l’inflation monte trop, ou que la croissance disparaisse, ou qu’un risque exogène se présente pour que le pot aux roses soit découvert; la richesse fictive        s ‘effondre.

La chaine causale ainsi identifiée conduit à penser et à prévoir qu’un jour les limites définitives seront touchées, mais elle conduit aussi en même temps à affirmer que beaucoup de subterfuges sont disponibles pour retarder les échéances et pour tricher avec la complicité objective des peuples qui ne demandent qu’à être trompés : ils adorent cela.

Extraits d’un article de B.Bertez    brunobertez.com

 

 

 

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