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Juil 21

La nouvelle religion

La disparition de la norme de progrès et l’épuisement très rapide de la norme de consommation créent un vide inquiétant, situation qui ne devrait pas avoir échappé à nos dirigeants.

Mais pour les élites politiques et économiques, ces questions sur la nature et les conditions de l’émergence d’une nouvelle norme sociale dominante ont déjà une réponse : l’instauration d’une nouvelle religion, l’économie. Même si le discours se veut scientifique, les fondements sont de l’ordre du religieux, à commencer par une vérité révélée : seule l’économie nous conduira au salut.

 Elle a eu ses précurseurs, ses schismes, ses hérétiques, mais une église dominante a fini par émerger : l’école néolibérale. Un groupe d’apôtres, l’école de Chicago, est venu apporter aux dirigeants du monde entier la bonne parole, et une série de dogmes qui ne peuvent être remis en cause. La compétitivité, l’équilibre budgétaire. Les églises, mosquées et autres synagogues sont nombreuses pour porter la bonne parole, des entreprises aux grands médias.

Comme toute religion, c’est la croyance en la vérité révélée et la soumission au dogme qui expliquent l’attitude de ces adeptes. C’est la seule lecture cohérente des propos de ses ayatollahs. Ils ne viennent pas constater un hypothétique progrès, ils viennent conforter les fidèles et les encourager à respecter les rites et maintenir le dogme. Ce ne sont pas les conditions de vie de la population qui leur importe, c’est leur situation vis-à-vis de la vraie foi. Ceux qui ne veulent pas s’y soumettre sont des incroyants ou des infidèles qui doivent retrouver le chemin des églises et se conformer aux rites.

Pourtant, malgré des années d’un prosélytisme intensif, cette nouvelle religion n’est pas parvenue à convertir l’ensemble de la population. C’est là que le bât blesse, le vide laissé par les normes sociales en voie d’épuisement n’est toujours pas comblé. Après une phase de conquête rapide, elle fait plus que marquer le pas, elle perd des fidèles et suscite des sentiments de révoltes.

De tout temps et en tous lieux, il faut se méfier des détenteurs d’une vérité révélée qui entendent faire de leur croyance individuelle une vérité universelle. Outre qu’ils sont peu accessibles aux réalités qui se trouvent hors du champ de la foi, leur prosélytisme est sans limites. Brûler des hérétiques ne leur fait pas peur et les guerres au nom de la religion sont une constante de l’histoire de l’humanité.

Extraits d’un article de Michel Leis sur le blog de Paul Jorion            www.pauljorion.com

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C’est aussi vrai, vous avez raison : « De tout temps et en tous lieux, il faut se méfier des détenteurs d’une vérité révélée qui entendent faire de leur croyance individuelle une vérité universelle. Outre qu’ils sont peu accessibles aux réalités qui se trouvent hors du champ de la foi, leur prosélytisme est sans limites. Brûler des hérétiques ne leur fait pas peur et les guerres au nom de la religion sont une constante de l’histoire de l’humanité. », mais nous en sommes déjà la (et d’ailleurs brûlés) !

Peut-être que certains seront toujours « très impressionnés par ce que la Grèce a déjà réalisé en matière de rééquilibrage budgétaire et de modernisation de l’économie », car en effet et à part la suppression de toutes les polices municipales du pays, du corps des gardiens scolaires en entier, ainsi que d’une partie des postes d’enseignants dans le secondaire technique et professionnel – ce qui n’est qu’un début -, ce mémorandum va encore plus loin. Ce samedi, la presse prédit les fermetures prochaines d’un certain nombre d’hôpitaux, qui seraient alors programmées pour ce mois d’août. En cas de problème de santé, tant qu’à faire, autant demeurer alors sur une île et ne plus en sortir, même malade ! Après tout, la Grèce n’existant plus, l’Égée demeurera ! Nous voilà alors « îlotiers » d’un grand cimetière… marin. Nos touristes pourraient peut-être apprécier.

Plus sérieusement, je dirais que le nouveau régime économiste, se « débarrassera » complètement des restes ou apparences démocratiques restants

Et tandis que nos contrôleurs comme dirait Cavafy, « plus ils jaugent et ils contrôlent, plus ils trouvent superflues des choses dont on ne peut pourtant se séparer, nous autres valides », nous, place de la Constitution, nous suivions alors Stelios religieusement   » On ne peut pas se séparer de la dignité humaine « .

 Nous nous devons ce courage, cet énorme courage entre nous,  ici présents, pour dénoncer l’infamie, mais nous sommes ici surtout, pour dire que notre dignité reste et restera debout et de même, « entière « .

Extraits d’un commentaire de ce même billet sur ce même blog par « un Grec »

 

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