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Mar 12

La bicyclette

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Hier c’était l’anniversaire du Bull market boursier qui a commencé le 9 mars 2009 grâce, bien peu le savent, à l’abandon des normes comptables FASB qui garantissaient la sincérité des bilans des banques. C’est quand le Congrès américain  a exigé que l’on suspende les règles comptables appliquées aux banques que le marché a changé de tendance: le 9Mars.

Nous sommes entrés le 9 mars, dans un monde de fantaisie, un imaginaire, les comptes des banques ont perdu le lien avec la réalité et les marchés qui la reflètent, les comptes des banques ont été « mark to fantasy « .

Ce monde imaginaire, de fantaisie il a fallu le soutenir, le faire léviter afin qu’il ne sombre pas sous le poids des dettes, afin qu’il échappe aux lois de la gravitation. Il a fallu par conséquence injecter de l’air chaud, de la monnaie, du crédit afin de maintenir en vie les zombies bancaires, puis il a fallu déboucher les canalisations financières colmatées, puis il a fallu tenter de relancer l’activité économique et même la croissance. Bref il a fallu tenter de relancer la bicyclette et lui faire prendre de la vitesse. Jamais on n’a essayé de guérir le mal ou même de le diagnostiquer. On a voulu prolonger, forcer les limites.

Ayant échoué, les banquiers centraux sont heureux de se  rallier à une thèse qui les  exonère de leur responsabilité dans l’échec, ils sont contents de dire que votre fille est muette parce qu’elle ne parle pas. Si le potentiel des économies est durablement obéré, alors il faut se contenter de ce que l’on a et nos apprentis sorciers en tirent des conséquences incroyables

Ils introduisent dans cette « ragougnasse » intellectuelle une baguette magique sortie de leur besace de trucs et farces et attrapes , le taux d’intérêt naturel , ils mélangent le tout et pour finir il nous sortent de leur chapeau le lapin : il faut dès maintenant tenter de normaliser, stopper les stimulations, il faut réduire le débit du robinet qui délivre l’air chaud, il faut baisser la température du brûleur.

Personne ne se pose la question de savoir si on a bien fait ce qu’il fallait, si on a choisi les bons remèdes. Bien entendu tout cela c’est de la poudre aux yeux, si il faut réduire les stimulations, c’est parce que l’on a peur pour ce que l’on appelle la stabilité financière, on a peur que les excès boursiers éclatent à la figure et on a peur de se retrouver à la case départ de  2008.

Depuis 2009 le système mondial est en équilibre artificiel: il tient grâce à des béquilles monétaires. Voila ce qu’il faut retenir et pour que ce soit plus facile prenons une image: celle de l’enfant à qui on apprend à faire du vélo.

Cet enfant on le tient d’abord, puis on lui met des petites roues qui lui donnent un équilibre artificiel, puis quand on voit qu’il commence à pouvoir tenter de se débrouiller seul alors on essaie de lui ôter ses petites roues qui servent de stabilisateur.

Voila ou nous en sommes, les banquiers centraux, la Fed en premier, tentent d’envisager de retirer les petites roues stabilisatrices.

Mais la prise de conscience se fait lentement. Lentement, pour l’instant. On se fait à l’idée que les stimulations monétaires sont du passé et que  bientôt elles vont toutes disparaître..

On prend conscience. Nous entrons dans le mystère des réactions humaines, des convictions, des émotions. Ce qui devrait être, dans l’esprit des banquiers centraux, progressif, peut à la faveur de n’importe quel évènement devenir brutal. Le contexte d’une décision est en fait aussi important que la décision elle-même.

On peut d’un seul coup sortir du monde d’illusions et se réveiller, personne ne sait. Le futur peut devenir actuel dans l’esprit des gens, il peut devenir présent avant même d’avoir commencé.

L’enfant sur le vélo peut avoir peur qu’on lui retire ses petites roues avant même que l’on ait dévissé les boulons.

 

Extraits d’un article de bruno Bertez            brunobertez.com

 

 

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