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Sep 18

Idées

Dans un tout récent ouvrage paru aux États-Unis, Mass Flourishing, que l’on pourrait traduire par la prospérité de masse, Edmund Phelps, Prix Nobel d’économie, s’interroge sur les origines historiques du développement en Occident et pas ailleurs : vaste question constamment abordée par les économistes sans jamais parvenir à une quelconque unanimité.

Après avoir analysé toutes les raisons possibles, de la nature à la culture en passant par les politiques, Phelps conclut sur le rôle moteur des idées. Les idées neuves seraient seules à la base de ce que Phelps nomme le « dynamisme » économique.

Dynamisme est le concept clé de l’œuvre de Phelps : les nations sont dynamiques ou pas ! C’est, selon lui, parce que la civilisation occidentale est propice aux idées qu’elle aurait initié la croissance mondiale, depuis le dix-huitième siècle : toutes les autres sociétés n’ont fait que suivre, plutôt en recopiant qu’en inspirant.

À partir du dynamisme passé, peut-on envisager un dynamisme futur ? Oui, si l’on comprend bien et le rôle des idées en économie et les conditions sociales propices à leur germination : en gros, la démocratie, le débat, la liberté d’expression, la concurrence.

Ainsi, par-delà la stagnation en Europe et aux États-Unis depuis 2008, peut-on déjà déceler comment les idées neuves sont en train de restaurer la prééminence économique de l’Occident : à commencer par les États-Unis, le plus créatif des laboratoires occidentaux. On prendra pour exemples la robotisation, la reproduction en trois dimensions (3D) et la fracturation des gaz de schiste, dont on sait qu’ils sont abondants partout dans le monde.

L’enseignement du regain américain et de la théorie de Phelps pour l’Europe, c’est que le regain de la prospérité, y compris industrielle, est notre avenir possible à la condition de laisser les idées s’épanouir et de favoriser la concurrence entre elles.

 Quant aux pays dits émergents, on constate – à regret – que leur émergence était due au rattrapage et à l’imitation plus qu’à l’exploitation de leurs propres idées. Les émergents en ce moment deviennent des « immergents » au grand dam des plus pauvres dans ces pays-là.

Pour nous Européens, le choix est nôtre : renouer avec « l’imaginarium » ou rejoindre les immergents par frilosité devant l’innovation perpétuelle ?

Extraits d’un article de Guy Sorman sur contrepoints.org

 

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