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Sep 09

Help wanted

Help wanted.

 C’est le panneau que votre correspondante a croisé le plus souvent (à part ceux appelant à voter Obama ou Romney, à peu près à parts égales) lors de son voyage aux Etats-Unis ces deux dernières semaines.

 “On embauche”. “Venez déposer votre CV”. “CDI, temps plein, posez votre candidature à l’intérieur”.

 Très encourageant… jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que les emplois à pourvoir concernent tous des postes de serveur, vendeur, balayeur, agent d’entretien, etc. Des postes peu qualifiés et à bas salaires, en d’autres termes. Des emplois pour une économie de pure consommation… non des emplois destinés à produire des choses qui permettront de faire augmenter le PIB national.

 Tout cela est encore moins encourageant lorsqu’on s’aperçoit que la question la plus souvent posée après “d’où venez-vous ?” est “la crise est-elle aussi dure en France qu’ici ?”

 A quoi nous n’avons malheureusement pu répondre que par l’affirmative. Au concours de “qui a l’économie la plus pourrie”, force est de constater qu’il y a une parfaite égalité France/Etats-Unis : dette publique astronomique, chômage en hausse constante, grogne sociale, avantages sociaux en danger, désindustrialisation…

 Ceci dit, cette situation est sur le point de prendre fin, cher lecteur. Si si. Rassurez-vous : fin de la crise de l’euro, rétablissement du système bancaire, sérénité des places boursières et tournée générale de cerises sur volutes de crème chantilly.

 Les Etats-Unis n’ont qu’à bien se tenir : en Europe aussi, on a une planche à billets… et on sait s’en servir — même si on lui donne un autre nom. Oui, ne vous leurrez pas. Ce que la BCE est en train de faire est de l’impression monétaire et pas autre chose.

“Que nous arrive-t-il véritablement ? L’économie du crédit s’effondre. Dans cette économie, la croissance ne s’achète pas sur fonds propres — par l’autofinancement ou par l’épargne préalable, donc — mais elle s’achète à crédit. Cette économie ne peut croître que si la masse de crédits croît”.

 “Le secteur privé était demandeur de crédits, mais lorsque la rentabilité n’était plus au rendez-vous, le secteur public a pris le relais. Il fallait bien ‘protéger la croissance’, ma bonne dame. Une bulle de crédit souverain — des dettes publiques — s’est donc gonflée. Pour que ce système fonctionne, il faut des gouvernements qui endettent leurs concitoyens, des banques centrales qui gèrent la quantité de monnaie et crédit disponibles, des banques commerciales qui la répandent en plaçant des prêts qui ont de moins en moins de chances d’être un jour remboursés. Souvenez-vous que les brasseurs d’argent se paient sur les volumes qu’ils brassent, peu importe la qualité puisque c’est vous, contribuable, qui payez la casse”.

 “L’effondrement de ce système conduirait au discrédit de l’élite qui l’a défendu et qui s’en nourrit depuis un demi-siècle. L’importance d’un homme politique se mesure à la masse d’argent qu’il distribue. L’importance d’une banque se mesure à la masse de prêts qu’elle place”.

 “L’euro n’est pas une monnaie stable dont peuvent jouir des citoyens de plusieurs pays désireux de vivre en paix et de pouvoir échanger librement avec le minimum de contrainte. L’euro est un instrument au service de l’establishment politico-financier. Monsieur Mario Draghi, ex-cadre de Goldman Sachs, est un pur produit de ce milieu. Le mandat de la BCE n’est pas de défendre une monnaie stable, capable de conserver le pouvoir d’achat des centaines de millions de gens qui l’utilisent. L’euro est un instrument au service des milieux politiques et financiers. Les deux seuls objectifs sont la réélection des premiers, les profits des seconds. Le mandat de la Banque centrale européenne n’est que cela. Oubliez ‘croissance’ (de quoi d’ailleurs, de la dette publique ?) et ‘inflation’. Monsieur Mario Draghi a eu l’honnêteté de le dire”.

 “Pour sauver l’euro on émettra autant de monnaie qu’il le faudra, nous dit-il aussi. Nous sommes donc en route vers la destruction monétaire, l’hyperinflation et le discrédit total d’élites incapables de reconnaître leurs erreurs”.

Mais pour l’instant, n’est-ce pas, les marchés sont contents… c’est donc que tout va bien.

Non ?

Extraits d’un article de Françoise Garteiser sur la chronique Agora

 

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