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Mar 22

Factice

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Nous vivons dans un monde digne d’Alice au Pays des Merveilles. Tout est absurde. Les actions grimpent. Cela devrait signifier que les affaires vont mieux. Ce qui devrait à son tour signifier que les entreprises ne manquent pas d’investissements dignes de ce nom — de nouvelles machines, de nouvelles usines, de nouveaux produits, plus de distribution…

Et puisque les prix des actions ne sont pas loin de sommets records — après avoir péniblement regravi la pente ces cinq dernières semaines –, ça doit dire que tout s’améliore partout, non ?

Raté !

Nous sommes tous fous ici

« Nous sommes tous fous ici », disait le Chat du Cheshire au Pays des Merveilles… anticipant peut-être la Fed de Janet Yellen.

En réalité, le système n’est pas seulement fou. Il est aussi corrompu et factice.

Tout commence avec de la devise factice.

Les dollars sont censés représenter la richesse. Comment obtient-on de la richesse ? En travaillant, en investissant et en épargnant, n’est-ce pas ?

Mais après 1971 — lorsque le président Nixon a mis fin à la convertibilité directe des dollars en or — la Fed a créé de nouveaux dollars qui ne s’appuyaient sur aucune richesse.

Les dollars post-1971 ne sont que des reconnaissances de dette de l’Oncle Sam, rien de plus. Ils figurent au bilan de la Fed comme du passif.

Vient ensuite le problème de l’épargne factice.

Dans une économie saine, on gagne de l’argent et on en épargne une partie. Cette dernière peut être prêtée pour financer de nouveaux projets et gagner des intérêts. L’épargne — et le crédit — sont limités. Ils sont basés sur un surplus de richesse réelle.

Mais dans le système insensé actuel, les banques centrales et les banques créent du crédit à partir de rien… en n’utilisant rien d’autre que des touches sur un ordinateur. Inutile d’avoir de l’épargne.

Pour couronner le tout, le gouvernement a une politique budgétaire factice.

Il emprunte de l’argent factice aux banques en échange de bons du Trésor. Grâce au QE, la Fed achète ensuite ces obligations aux banques. Le Trésor paie des intérêts sur ces obligations à la Fed… qui rend ensuite ces intérêts au Trésor.

Futé, non ?

C’est de l’argent gratuit pour les autorités. Elles empruntent du rien en l’échange de rien… et tout le monde fait semblant de croire que c’est réel. Tout ça est rendu possible par une politique budgétaire factice.

La Fed fixe les taux d’intérêt aux niveaux les plus bas de l’histoire. De la sorte, les emprunteurs — et en particulier le plus grand emprunteur de l’histoire, le gouvernement US — peuvent obtenir des fonds bon marché.

Tout ça est fait pour renforcer l’économie… sauf qu’elle s’affaiblit sous un tel fardeau de dette supplémentaire.

Cela mène enfin à un marché boursier factice, où les dirigeants d’entreprises utilisent l’argent bon marché pour piller leur propre activité.

Les entreprises empruntent lourdement pour racheter leurs propres titres et les annuler. Cela augmente les revenus par action des titres en cours, augmentant leur valeur.

 Les dirigeants engrangent alors de gros bonus basés sur la hausse du titre. Les actionnaires voient un bénéfice temporaire, leurs actions grimpant — mais l’entreprise se retrouve affaiblie par la dette additionnelle.

Et le système dans son ensemble crée de la richesse factice. Cela ne construit pas de richesse réelle. Au contraire : ça extrait de la richesse réelle du reste de l’économie pour la faire passer vers les secteurs des initiés.

 L’industrie financière n’est pas la seule à profiter de ce système. Le complexe entier du Deep State est au cœur de ce système absurde, corrompu et frauduleux.

Vous pensez que le Chapelier Fou pourra vous protéger ? Ou le Chat du Cheshire ?

On peut toujours rêver

 Extraits d’un article de Bill Bonner     la chronique Agora

 

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