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Juil 03

Everything bubble

Le mouvement général de nos sociétés c’est la relativisation de tout.

La relativisation qui consiste à tuer tous les invariants tombés du ciel, à tuer Dieu, les invariants divins si on veut et à les flexibiliser: plus rien ne vaut quoi que ce soit en soi, tout vaut le résultat de la confrontation de l’offre et de la demande.

Autrement dit on a fait redescendre Dieu sur terre, on a dit aux gens maintenant vous êtes Dieu, vous êtes les maitres et on leur a fait croire que c’était un main invisible mais terrestre qui ordonnait tout.

Bien entendu c’est faux car la main invisible c’est celle des Maitres, celle des élites, celle des 1%; mais la descente du pouvoir de Dieu sur la terre a accompli sa tâche: la destruction de tout ce qui de près ou de loin pouvait constituer une référence susceptible de s’opposer aux élites.

La titrisation est au cœur du processus de désancrage de toutes les valeurs puisqu’elle permet de les mettre sur les marchés et ainsi de les faire varier au gré des besoins des Maitres. La titrisation était indispensable depuis le décrochage du dollar par rapport à l’or.

Pour les régulateurs, le fixe, c’est l’ennemi, tout doit devenir variable afin qu’ils puissent exercer leurs pouvoirs. La mutation du fixe en variable, c’est ce qui a été fait pour la monnaie, pour les valeurs en général, les valeurs morales, les mœurs etc. Le naturel qui était un invariant comme le genre, le sexe, a été nié, tout est devenu culturel, au choix !

Tout doit devenir incertain, frivole, désancré, c’est la condition pour qu’ils puissent manipuler, faire à la main

Le mouvement général de nos sociétés vers la frivolité, vers l’arbitraire et le relatif se retrouve en matière monétaire et financière; c’est maintenant le fondement de la régulation.

Nous avons appelé cela « la régulation par les bulles ». Une bulle est une sorte de réceptacle, de réservoir que les banquiers centraux remplissent en fonction de leurs besoins et de leurs objectifs et dont ils organisent ensuite la destruction.

On souffle, on fabrique la bulle, on l’éclate et on nettoie. C’est ce qui été magistralement expliqué par Greenspan.

Le fondement de cette pratique, c’est la fabrication de bulles de crédit puisque le crédit c’est ce qui permet de créer du pouvoir d’achat quand il est insuffisant, et produit des effets de richesses quand les dettes ne sont plus recouvrables et les débiteurs plus solvables.

Le gros problème que devaient résoudre les régulateurs était celui de l’accumulation des dettes; à force de s’accumuler, les dettes forment un stock, le stock devient trop lourd et il finit par constituer un boulet aux pieds des économies

La formation de bulles est facilitée par la mise sur les marchés de tout ce qui a un prix, il suffit ensuite de créer du crédit, de la monnaie et faire en sorte que les flux se dirigent là où on veut fabriquer la bulle. Il suffit dirais-je de brancher la loterie.

Un jour c’est la dette des pays en développement, un autre c’est l’immobilier, un autre encore c’est le secteur de l’internet et des telcos, un autre encore c’est celui des réseaux sociaux et de l’AI, un autre encore c’est celui des fonds d’état,

un autre enfin, et c’est le stade actuel, c’est celui de tout en bulles, du           « everything bubble ».

Extraits d’un article de Bruno Bertez brunobertez.com

 

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