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Août 26

Epargne

 

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Même si les Allemands font mieux en la matière, les Français restent parmi les peuples les plus attachés à l’épargne. Mais, ce qui pourrait logiquement être considéré comme une saine précaution est en réalité bien mal perçu par les autorités, lesquelles n’y voient qu’une mauvaise habitude venant contrarier leurs plans.

En effet, l’objectif de ceux qui nous gouvernent (et nous parlons ici des banquiers centraux, car il y a bien longtemps que nos dirigeants politiques leur ont cédé les destinées de la nation) est bien de favoriser l’endettement afin de créer de cette richesse fictive dont on ne sait désormais plus se passer pour alimenter la fuite en avant de nos économies.

« Qui paie ses dettes s’enrichit », dit le proverbe. L’ennui c’est que les banquiers ne le voient pas du même œil car, eux en revanche, ils perdent de l’argent à chaque remboursement de crédit. Ou tout au moins perdent-ils la possibilité d’en « fabriquer ». Clairement, les banques préfèreraient que nous soyons tous endettés au maximum de nos capacités d’emprunt, assurant ainsi LEUR enrichissement.

Pire encore, cette monnaie créée par la dette étant devenue le principal moyen de financement des économies aléatoires qu’on nous impose depuis plusieurs décennies maintenant, les responsables politiques chargées de faire appliquer ces mesures n’ont désormais plus d’autre choix que d’encourager l’escalade de l’endettement.

L’une des conséquences les plus visibles de cet assujettissement à la dette réside sans doute dans le changement de paradigme auquel nous sommes désormais confrontés sans que nous sachions vraiment à quel moment le monde a basculé. Ainsi, jadis honnie, l’inflation est désormais perçue comme le Saint Graal de la réussite économique ; la dette est devenue la principale créatrice de richesse (ou en tout cas de monnaie) et l’épargne n’est plus très loin de constituer un délit d’atteinte aux intérêts nationaux !

D’ailleurs, n’a-t-on pas commencé à la sanctionner à travers les taux d’intérêt négatifs ? Dorénavant, emprunter rapporte de l’argent tandis qu’épargner en fait perdre.

Car, aujourd’hui, qu’est-ce qu’un épargnant sinon quelqu’un qui recherche l’indépendance financière en marge de ce que les gouvernements et les banques ont prévu pour lui ? Désormais, l’épargne n’est plus une vertu, c’est devenu un signe de défiance envers les plans de relance de la consommation et de l’inflation auxquels s’attellent nos politiques pour suivre la feuille de route établie par les banques.

Évidemment, nous n’en sommes pas encore au point où l’épargne devrait être purement et simplement interdite (encore que certains en rêvent déjà en secret) mais tout au moins peut-on multiplier les moyens de décourager les citoyens d’y avoir recours, en la rendant plus contraignante et plus coûteuse. Et dans ce genre d’exercice, il semble qu’après les taxes en tous genres, les prélèvements obligatoires et la spoliation légale de la majeures partie des plus-values réalisées, on ait franchi un cap décisif avec l’établissement des taux négatifs.

Une aberration qui fait insulte à l’intelligence économique la plus élémentaire mais qui devient parfaitement cohérente avec la décision sans appel de favoriser l’endettement au détriment de l’épargne.

Reste une question à laquelle il est encore difficile de répondre : combien de temps cela va-t-il pouvoir durer ? Et dans le même ordre d’idée, que va-t-il se passer ensuite ? Ce qui est sûr, c’est que les taux négatifs sont en train de détruire le système bancaire et financier, mais on n’en verra réellement les conséquences qu’à la fin de cette période un peu folle (une raison parmi tant d’autres qui pousse les autorités financières à la faire durer le plus longtemps possible, retardant au maximum l’implosion du système).

 Ce qui est clair également, c’est que tous ceux qui ont gardé la tête sur les épaules et persisté dans leur volonté d’épargner ont dû privilégier les moyens de préserver leur patrimoine hors système bancaire, stockant leur capital dans la pierre ou, mieux, dans l’or et les métaux précieux, véritables réservoirs de richesse tangibles anti-crise.

Et dans cinq ans, dix ans peut-être, lorsque le château de cartes se sera effondré et que les monnaies fiduciaires auront été contraintes de se réformer en profondeur — et cela dans le meilleur des cas, sachant que dans le pire des scénarios, elles pourraient bien disparaitre purement et simplement — , amenant du même coup ceux qui avaient tout misé sur la dette à périr par la dette, alors les épargnants les plus prévoyants, ces mauvais citoyens qui auront jalousement privilégié leur propre sécurité et celle de leur proches, seront peut-être les seuls à disposer encore des quelques richesses véritables susceptibles de relancer l’économie.

Et ce jour-là, peut-être les verra-t-on enfin d’un autre œil…

Extraits d’un article de jean françois faure   linkedin.com/pulse

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