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Oct 05

Cons !

Réduire et détourner le langage, vecteur de la pensée, sont les deux mamelles de la propagande.

Il en est de même des sacro-saints droits humains et autres valeurs démocratiques et sociétales, qui, dans la vraie vie, servent à cautionner les plus grands crimes et les pires injustices.

Partout, en Occident, les mots ont remplacé les actes, le réel.

Le social qui exigeait des actes concrets a été remplacé par le sociétal qui se satisfait de belles promesses

Paradoxe des paradoxes, mais la vie est faite de paradoxes, ces mêmes mots qui ne veulent plus rien dire quand ils sortent de la bouche des puissants, sont maintenant réprimés et sanctionnés, plus que les actes mêmes, quand ils sortent de la bouche des gens qui n’ont pas de fortune, ni de réseaux.

Tout excès, toute disproportion doit interroger.

Il me semble que si la ploutocratie capitaliste réprime avec la dernière violence le racisme ordinaire, c’est en partie parce qu’il existe dans les hautes sphères, un racisme bien-pensant, un racisme de classe.

 Ils croient tous qu’ils sont là parce qu’ils le méritent, parce que, quelque part, ils valent mieux que les autres, leur sont intrinsèquement supérieurs.

Alors que nous avons compris depuis longtemps que, s’ils sont là, c’est juste parce qu’ils promeuvent la Pensée unique, qui est au cœur de la propagande du système qui nous régit, soit qu’ils y aient intérêt, soit qu’ils acceptent de le faire moyennant des avantages et de privilèges.

Le racisme de classe est plutôt l’héritier du racisme scientifique des planteurs de coton et des colons.

Ce n’est plus sur les peuples lointains, de couleur différente, que le Grand Capital doit jeter l’anathème pour justifier leur asservissement et leur exploitation, c’est sur nous.

Le mépris de la classe dirigeante envers nous, son arrogance, suinte par tous ses pores mais cela s’est retourné contre elle, si l’on peut dire.

En écoutant les élites, censées façonner l’opinion publique, on comprend, avec François Bégaudeau (Histoire de ta bêtise), que la bourgeoisie, à force de vouloir nous rendre cons, à force de nous prendre pour des cons, est devenue elle-même irrémédiablement conne.

Tous les discours, les débats, les interviews sont d’une bêtise, d’une pauvreté, d’une étroitesse de vue, d’un parti pris, incroyables.

A force d’avoir voulu nous abrutir, nous infantiliser, à force d’avoir cru nécessaire de se mettre à notre niveau, ils sont devenus plus cons que nous.

De plus autrefois la bourgeoisie ouvrait ses rangs aux intelligences venues d’en bas, ce qui lui apportait du sang neuf et privait en même temps le peuple de ses meilleurs éléments.

Mais désormais elle s’est refermée sur elle-même et s’est entièrement coupée de la population. Les intelligences populaires ne peuvent plus monter l’échelle sociale et nous avons donc à nouveau des leaders et des intellectuels populaires.

Enfin, de plus en plus de gens ont pris conscience de l’illégitimité et de la nocivité d’un pouvoir qui nous emmène droit dans le mur. Même nos médias officiels sont obligés de reconnaître que la gestion occidentale du Coronavirus est un fiasco total.

Mais tout cela n’a aucune importance, puisque « nous vivons une époque où le réel est prié de s’effacer devant ce qui doit être », comme dit Slovadan Despot.

 Il n’y a plus aucun rapport entre les paroles et le réel, les décisions et la réalité.

On est parvenu à un moment où il faut débarrasser la modernité de ce qui a été un leurre, l’autonomie entendue comme démultiplication des capacités de puissance à l’échelle de l’individu, indépendamment de ce que ses capacités de puissance doivent à notre condition terrestre qui est éminemment et par nature relationnelle.

Mais le système d’exploitation capitaliste a une faiblesse, il est bâti sur notre croyance dans les mythes qui le fondent, et, par conséquent, nous pouvons provoquer son effondrement et sa transformation en cessant tout simplement d’y croire, en cessant notamment de croire que nous sommes des entités séparées, et en renouant des liens vitaux pour notre bonheur et notre équilibre, avec tous les autres terrestres.

Extraits d’un article de Dominique Muselet

 

 

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