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Déc 15

Commentaire : l’ombre et la lumière

Beaucoup de vrai la dedans, mais cela ne suffira pas à sauver un système qui est à l’agonie eu égard au gouffre des banques. Les faits sont tétus et ……. patients.

Il faut préparer la suite car suite il y aura.

 

Les efforts déployés pour abolir la démocratie en Europe ont finalement aboutis. Le 28 septembre, c’est le parlement européen qui votait le « pack de 6 », lequel faisait obligation aux Etats de respecter, de par la Loi, les critères d’endettement déjà contenus dans le traité de Maastricht, ceci sous peine d’amende.

 En novembre, l’oligarchie plaçait ses hommes à la tête de la Grèce et de l’Italie sans qu’ils aient à se présenter devant les électeurs. Pour couronner le tout, l’accord Sarkozy Merkel grave dans le marbre ce qu’il appelle « la règle d’or » c’est-à-dire un système de sanctions automatiques qui obligent les Etats à faire avaliser leurs budgets par les autorités de Bruxelles avant de pouvoir le présenter devant les assemblées nationales.

Les citoyens ont du mal à voir en cela une liquidation de la démocratie car ils ne voient ni dictateurs violents et cupides, ni police politique à l’œuvre. C’est une oligarchie sans visage qui les gouverne. Elle les pille mais ils ne le voient pas. Ils imaginent être représentés, ils n’ont fait qu’avaliser la nomination des mandataires politiques de l’oligarchie. Cette oligarchie ne tire pas sur la foule. Ses armes sont purement institutionnelles et techniques et leur efficacité échappe aux gens non avertis. Elles exigent quelques explications sur un aspect occulté de l’accord :

La BCE est autorisée à offrir aux banques, pendant les trois prochaines années, des liquidités illimitées à un taux directeur de 1%. Un taux directeur de 1% est en réalité un taux négatif, puisque l’inflation est officiellement d’au moins 2,5%. Les banques vont donc pouvoir emprunter gratuitement et prêteront aux Etats à des taux allant de 3% à 6%.

Elles gagneront donc entre 2% et 4% en faisant une visite à la BCE. Mais elles ne s’arrêtent pas là. Elles investissent 96% de leurs liquidités dans des produits financiers dérivés, dont les CDS, et alimentent la bulle financière par la création de valeurs fictives. Par ce moyen elles font passer à 25% le taux d’intérêt négatif dont elles jouissent auprès de la BCE. Elles ponctionnent donc les richesses créées en manipulant des valeurs fictives. Je n’ai pas les chiffres pour l’Europe, mais j’ai lu qu’aux Etats-Unis, de cette façon, 80% de la richesse créée au cours des dernières années est allée aux 0,1% les plus riches.

Aucune démocratie ne supporterait un tel pillage. Le prétexte de la « crise de l’euro » le permet. Comment des parlements pourraient-ils voter des budgets si les élus devaient assumer la ponction par les plus riches d’un quart du produit de l’impôt et 80% des richesses. Les arcanes de l’accord européen le permettent et se paient le luxe par dessus tout cela de culpabiliser les victimes.

On agite le danger d’une création monétaire inflationniste, que les vertueux allemands refuseraient absolument, mais quiconque veut bien consulter le tableau des contreparties de la masse monétaire verra que la monnaie est faite de 75% de crédits à l’économie et de 25% environ d’avances aux Etats et de prêts à l’étranger.

 Elle est donc faite entièrement de crédit, c’est-à-dire de création monétaire et cela depuis des décennies. Le crédit en tant que tel n’est pas inflationniste, son usage peut l’être s’il ne finance pas la création de richesses réelles. Si le crédit est distribué de façon rationnelle, il n’y a aucune raison de penser qu’il ait un effet inflationniste.

 Ce qui est inflationniste, ce sont les emprunts alimentant la spéculation donc précisément ceux des banques quand elles recherchent des taux négatifs de 25%.
Nous avons donc affaire à une dictature d’un nouveau genre que seules quelques voix esseulées dénoncent. La campagne électorale française les ignore et prend des allures de farce grotesque. Les socialistes déploient des efforts acharnés pour perdre. Après leur extravagante négociation avec les Verts, les voilà qui se lancent dans un débat piégé sur le vote des étrangers et qui se mettent à déballer les magouilles de leurs fédérations. Hollande a bien condamné le projet de traité européen mais seulement sur ses aspects les plus visibles. Il en ignore publiquement les aspects financiers. Il les approuve donc. On nous dit que l’Europe est morte parce que les anglais refusent le traité, mais Londres est le centre d’une constellation de places échappant à tout contrôle « de paradis fiscaux ». La mise à l’écart des anglais ne fait que renforcer l’autonomie de ces places où toutes nos banques ont des succursales. Ce retrait ne fait que renforcer le pouvoir de l’oligarchie financière. La nouvelle dictature enhardit ceux qui veulent nous ramener aux années noires de l’occupation. On liquide tous les acquis sociaux et les héritiers du collabo Renault viennent réclamer des milliards au peuple français.

 

 
 
 
 
 
 

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