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Oct 04

Blog Jorion

 

J’ai lu avec attention l’ensemble de qui s’est écrit ici et m’engage à une question que je propose à tous, question qui, pour nombre d’entre vous, peut sembler provocatrice, voire agressive, mais son sujet n’est pas, réellement, de cet ordre.

Voilà cette question :

Ne serait-il pas possible que les causes fondamentales de cette crise majeure soient à rechercher au-delà de notre tangible situation économique mondiale ?

Parce que, même si il est vrai que l’épouvantable détérioration, au risque de l’effondrement, de cette économie ne peut que se percevoir par même le plus sot, cela n’oblitèrerait-il pas le véritable souci qui serait que le manque de réponse à apporter à cette crise viendrait de ce que nous n’avons pas su, collectivement, produire de nouveaux concepts, et ce, dans quasiment l’ensemble des matières façonnant nos sociétés complexes.

Car, enfin, quoi, à y regarder de plus près, mis à part quelques rares avancées (incontestables) majeures en science ou en médecine, quelques artistes marginaux perdus dans un brouhaha de vulgarité, quelques philosophes à peine lus, et, il est vrai, d’autres réfractaires s’exprimant, avec peine, ça et là, nous nous retrouvons empêtrés dans de vielles antiennes, d’anciennes pensées qui, à mon sens, ne peuvent absolument pas résoudre le fantastique aléa devant lequel nous sommes.

Il n’est qu’à prendre, pour exemple, la politique, pour saisir combien les réponses proposées viennent en droite ligne de thèses passées aux origines, pour certaines, du début du XIX° siècle.

C’était comme si nous nous déplacions, encore, que par la seule traction animale.

Ne serait-il temps de tout requestionner au risque de remettre en cause de nos postulas les plus établis ?

Ne serait-il temps d’être, enfin, créatif, et de ne plus répéter les mêmes rengaines, de ne plus faire et penser comme le voisin, ce faire et ce penser non pas parce que c’est beau mais parce ce voisin, lui-même, nous imite ?

Ne serait-il temps de cesser de considérer notre monde comme achevé, de considérer qu’il n’y a plus rien à découvrir, de considérer que tout est indépassable, de considérer qu’il n’y a plus rien à comprendre, a savoir, a découvrir, de considérer qu’il nous faut reconsidérer nos anciens avec l’œil de la modernité ?

Et puis, pourquoi faire de l’Anglais langue de l’esprit quand le Français, avec l’Allemand, sont les deux véritables expressions des philosophes, laissons l’anglo-américain aux scientifiques comme le Latin le fut autrefois et faisons de notre verbe le Grecque de maintenant.

Croyez bien que les élites mondiales, surtout les plus progressistes, ont bien compris que la complexe précision de notre parlé ne peut qu’ouvrir les perspectives de l’entendement, et puis l’Anglais, devenu langue du « vulgaire », ces élites, pour se distinguer, ne pourrons (et je suis sûr, ne peuvent), que choisir que ce qu’il y a, d’expression, de plus complexe.

 

 

Je suis de cette étrange génération des cinquante ans qui, connaissant encore le monde ancien, a un pied profondément ancré dans l’actuelle contemporanéité,

Qui, en 68, n’avait, d’âge, que la décennie et qui, aujourd’hui, comprend combien le flux informatique et la révolution électronique modèle les jeunes cerveaux comme l’écriture et le livre le firent à leur époque (lire, à ce sujet, ce jeune homme qu’est Michel Serres), la différence en est que ce qui pris des millénaires pour se développer se fait, maintenant, en un petit siècle.

Nous nous devons, obligatoirement, d’accompagner d’amples et profondes réflexions l’évolution politique et économique qui nous est nécessaire au risque, sinon, qu’aucune solution ne soit adaptée à notre situation.

Commentaires sur le blog de Jorion

p.s : le blog de Jorion existe depuis plus de trois ans et possède une double caractéristique (à mon avis ) :

Il est très bien tenu, c’est à dire qu’il reste lisible, ouvert et accessible à tous et possède un nombre de lecteurs impressionnants (de l’ordre de 100 K par mois aujourd’hui), dont quelques uns interviennent souvent en commentaires (peu), d’autres peu (rarement) et beaucoup jamais (comme moi) mais sont la.

Ceux qui font de rares commentaires le font toujours par réaction à ce qu’ils lisent en y mêlant fortement ce qu’ils sont réellement (expériences, compétences, émotions, envie…etc) ce qui leur donne une véracité et une qualité inestimable.

Ce sont ces commentaires que je cherche (gros travail) parce qu’ils peuvent souvent aider à éclairer l’avenir.

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