«

»

Nov 04

Blade Runner

 

Je suis récemment allé voir Blade Runner 2049 histoire de me faire une idée de la vision du futur que nous sert aujourd’hui l’usine à rêves d’Hollywood.

Le film s’est trouvé être une excellente illustration de notre surinvestissement dans une technologie aux rendements décroissants qui nous mène tout droit vers la ruine, et du techno-narcissisme qui afflige la classe supposée pensante de la société, qui ne comprend absolument pas à quoi est lié cet effondrement.

Les films de ce genre concernent toujours plus le moment présent que l’avenir, et Blade Runner 2049 est truffé de rétro-anachronismes – d’objets qui nous entourent et n’existeront certainement plus dans le futur. Le maître-mot de nombreuses dystopies futures des temps modernes est la présence supposée d’automobiles.

Blade Runner 2049 commence donc par une scène montrant le détective, dans une voiture volante. Au fil et à mesure de l’histoire, il rentre et sort de sa voiture volante plus souvent qu’une maman de San Fernando pendant ses rondes quotidiennes pour ses enfants.

Voilà qui nous envoie un message bien plus significatif que les captures monotones de la production, qui veut que nous ne puissions imaginer aucun avenir – ou aucune société humaine – qui ne soit pas centré sur les voitures.

Mais n’est-ce pas exactement là la raison pour laquelle nous avons investi tant d’espoir (et tant de subventions publiques) dans les activités d’Elon Musk ?

Après tout, le Grand rêve de notre culture d’idées chimériques est d’être à jamais capables de conduire jusqu’à l’hypermarché le plus proche. C’est la fantaisie ultime de notre société superficielle de la consommation.

Ce qui nous mène au faux raisonnement très commun au genre de la science-fiction : la technologie peut l’emporter sur la nature et continuer d’exister.

Nous savons comment notre économie actuelle soutient les millions de gens qui ne travaillent pas, et qui enchaînent les bols de ramen entre deux visites au salon de tatouage : grâce à des subventions basées sur une fraude comptable garantie par des réserves décroissantes de pétrole pouvant être extraites du sol.

Mais cela ne pourra pas continuer bien longtemps. Vous savez pourquoi ? Parce que tout ce qui ne peut pas durer, ne dure pas.

S’il y a un point sur lequel Blade Runner 2049 ne se trompe pas, c’est son emprunt rétro-anachronique au présent de notre culture dénuée de joie de vivre. Le talent de cette vision du futur ressort particulièrement de l’absence totale de talent dans la vie américaine postmoderne.

Tout est question de surfaces mécaniques, et plus rien n’a de substance.

D’après un article de J.H.Kunstler 24h gold

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *