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Jan 06

Uncharted waters

Remarquable conclusion d’un article dont la référence est donnée à la fin du billet.

Résister et s’engager dans des eaux où on n’a encore jamais navigué

J’ai expliqué comme d’autres [17] la nécessité, incontournable, absolue de se disposer dans la perspective d’un krach financier majeur pour saisir les banques. Cet article exige une conclusion plus large.

Aucune «sortie de crise» ne se dessine pour le capital au plan mondial, dans un horizon de temps prévisible. Pour les grands centres singuliers de valorisation du capital que sont les groupes industriels européens, l’heure est à la migration vers des cieux plus cléments, vers les économies qui combinent un taux d’exploitation élevé et un marché domestique important.

Les conditions de la reproduction sociale des classes populaires sont menacées. La montée de la pauvreté et la paupérisation rampante qui touche des couches toujours plus importantes des salarié•e•s en sont l’expression. Le Royaume-Uni en a été l’un des laboratoires avant même que la crise n’éclate [18]. Plus celle-ci dure, plus s’éloignera tout autre avenir pour les salarié•e•s que la précarité et la baisse du niveau de vie.

Les maîtres mots qui sont martelés sont «adaptation», «sacrifice nécessaire». De temps en temps, des syndicats peuvent pour maintenir la plus petite légitimité appeler à des journées d’action. La grève d’un jour (30 novembre) des agents de l’Etat au Royaume-Uni en est l’exemple le plus récent.

Mais comme je l’ai écrit plus haut, l’avenir des travailleurs et des jeunes dépend très largement, sinon entièrement, de leur capacité à s’ouvrir des espaces et des «temps de respiration» politiques propres, à partir de dynamiques dont désormais eux seuls peuvent être le moteur.

Un autre monde est très certainement possible, mais il ne peut plus se dessiner que pour autant que l’action ouvre la voie à la pensée, laquelle, plus que jamais, ne peut être que collective. C’est un renversement complet avec les périodes où il existait, au moins en apparence, des plans préétablis de la société future, que ce soit ceux de certains socialistes utopiques ou du Komintern de Dimitrov [1882-1949, secrétaire général du Kommintern de 1934 à sa dissolution en 1943].

Les navigateurs anglais ont forgé au XVIe siècle la belle expression «uncharted waters», des eaux où on n’a encore jamais navigué, pour lesquelles il n’y a aucune carte.

C’est notre cas aujourd’hui. (Début décembre 2011)
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http://alencontre.org/laune/aux-racines-de-la-crise-economique-mondiale.html

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