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Août 25

On y est (peut-être)

 

En combattant la pandémie, nous avons aussi déclenché une réaction en chaine économique dont nous ne contrôlons plus les conséquences, un peu comme un réacteur nucléaire hors de contrôle.

Petit à petit nous prenons conscience de l’ampleur de la crise.

 Elle peut se propager exponentiellement dans tous les secteurs de l’économie. La contagion économique existe aussi.

Les états et les banques centrales savent plus ou moins gérer une dépression d’un cycle court, mais pas une réaction en chaine économique qui dure. Les plans de relance sont indispensables car l’argent doit circuler. Mais à ce rythme (1000 milliards de dollars supplémentaires aux Etats Unis, 750 milliards en Europe) combien de temps les états peuvent-ils soutenir l’économie ?

De plus, tout va incroyablement vite.

Comme le soulignait récemment Jay Powell, le président de la FED, « le chômage aux Etats Unis est passé en deux mois de son niveau le plus bas en 50 ans à son niveau le plus haut depuis 90 ans ».

Les états ne peuvent pas perpétuellement financer tout le monde et s’endetter sans fin : surtout face à une crise qui s’éternise et au développement exponentiel de ses conséquences sur tous les secteurs. Il faudra d’autres ressources que la planche à billet.

L’ère de la fiscalité basse et globalement ultra compétitive touche donc à sa fin.

La diminution de la fiscalité des entreprises était la conséquence de leur liberté de choisir leur lieu de résidence. Demain cela sera moins le cas. Les pays seront plus interventionnistes sur le plan économique et politique. Ils voudront assurer leur sécurité d’approvisionnent alimentaire, technologique ou sanitaire.

La mobilité des entreprises et des personnes sera entravée. Les états en profiteront alors pour augmenter leur pression fiscale. Cette nouvelle fiscalité surfera sur tous les grands débats sociaux, de la lutte contre les inégalités à la mobilité douce.

 Mais elle s’habillera surtout de vert. Les taxes environnementales de toutes sortes prendront l’ascenseur. Si c’est pour protéger la nature, alors nous sommes d’accord. La transition écologique conduira aussi à une révolution fiscale.

Face à une crise qui s’éternise, notre relation avec l’Etat va changer.

 Que voulons-nous ? Un état fort, « ce Dieu mortel à qui nous devons notre paix et notre sécurité » comme l’écrivait Thomas Hobbes dans son Léviathan, ou un état protecteur et bienveillant comme le voulait les utopistes du XIXe siècle ?

Pas sûr que nous soyons tous d’accord.

 « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».

On y est peut-être.

Stéphane Garelli

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