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Oct 11

Le signal et le bruit

La révolution des trente dernières années a consisté à remplacer le savoir, la connaissance, par l’accès à l’information. La diffusion de l’information par les médias MSM étant en quelque sorte la garantie de la démocratie. D’où l’usage des fuites, indiscrétions, rumeurs, et de leur complément, les sondages dits d’opinion. Le sondage, c’est la mesure, le feed-back de l’information qui est distillée.

Cette révolution vise à occulter ce qui est essentiel : le sens des informations, l’interprétation. La logique qui relie les différentes informations entre elles. En d’autres termes, on accumule et multiplie les informations, on sur-informe pour oblitérer le sens des choses, des évènements, pour les juxtaposer. Au lieu d’un approfondissement et d’une élévation, on remplace le sens par le jeu de surface sur des combinaisons.

L’accumulation a pour fonction de faire passer à côté de l’essentiel qui est le sens.

Les Maîtres sont les maîtres du sens. Tout ceci rejoint la philosophie dominante, celle des Maîtres, qui est de prétendre que le long terme est une succession de court-termes et que le monde est continu, tout est dérivable.

Or, ceci ne correspond à rien, ceci est faux et surtout trompeur. Tout n’est pas dérivable, extrapolable, il y a des ruptures et des mutations fondamentales

Le véritable détenteur du Savoir, c’est celui qui comprend et prévoit ces ruptures.

Nous soutenons que nous sommes dans une de ces périodes de rupture, ce qui veut dire que nous abordons une nouvelle phase où les invariants tracés depuis 2009 varient. D’abord, les choses se brisent, puis elles se fluidifient, enfin elles se remodèlent.

les choses sont assez claires, à savoir que le consensus sur lequel on a fondé la tentative de sortie de crise est en train de s’effondrer. Il n’y a pas de sortie, pas d’Exit, mais une nouvelle phase.

Pourquoi? Parce que l’on s’est trompé, les résultats sont décevants et les forces de dislocation de la cohésion internationale, d’une part, et de la cohésion interne des pays, d’autre part, prennent de la vigueur, elles montrent maintenant les limites de ce que l’on a entrepris. Les questions que l’on croyait résolues se posent sous une forme neuve.

Les arbres sont là, nombreux, groupés, convergents presque, qui dissimulent  encore la forêt et nous empêchent d’en apprécier les contours ;

le choc, car il y en aura un, ce sera lorsque la vue en sera dégagée et que les prises de conscience se feront.

Les ruptures, les crises, ce sont toujours des révélations.

 

D’après un article de Bruno Bertez    leblogalupus

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