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Juin 09

Le chemin

 

Alors, il est dur pour moi d’expliquer exactement ce que je ressens car c’est en quelque sorte un mélange de deux notions contradictoires, et pourtant… À la fois, oui, savoir où l’on veut aller, en décrivant le chemin à prendre… oui effectivement, c’est ainsi qu’une guerre en Irak se gère, c’est ainsi que tous les jours l’Homme fabrique, cultive, construit etc. mais en même temps,

Non… pour les choses importantes, et bien je pense que ça n’est pas ainsi que cela se passe… Je pense que l’improvisation est la colonne vertébrale de l’humanité et le berceau de la créativité et du génie… et que justement, si l’on en est là aujourd’hui (dans une impasse qui menace notre avenir) c’est parce que l’homme (craintif) a voulu tout baliser (sans jeu de mots), tout prévoir, tout planifier, tout rationaliser… Lorsque l’on agit ainsi, finalement, on en perd l’objectif premier justement, qui se métamorphose… et qui devient… et bien qui devient « rationaliser »… voilà le danger… tous les objectifs passent au second plan pour laisser la place à la « rationalité »… il n’y a plus qu’un seul objectif… il faut rationaliser, aseptiser, quadriller, étouffer…

 L’Homme de génie que nous sommes tous avant aseptisation, se lance… il doit posséder des savoirs, avoir une vision de ce qu’il veut, il envisage des possibilités (des chemins) certes… mais il avance , il se lance sans pouvoir être certain du résultat… et là encore, on se rend compte que les objectifs finalement sont secondaires et qu’ils cachent en fait un objectif plus grand… la spontanéité… Ressentir la spontanéité, prendre du plaisir à voir se créer concrètement devant ses yeux quelque chose que l’on avait seulement pressenti…

Mais aujourd’hui, pour de très bonnes raisons… ou plutôt non… pour de légitimes raisons (la crainte donc…) la vie est figée… on ne peut plus rien faire… Nous avons perdu la liberté.

 Et c’est vrai que les craintifs deviennent très vite d’une manière comme d’une autre, experts en solutions fascisantes… et c’est vrai qu’ils sont légion… mais c’est vrai aussi qu’à une certaine période de l’histoire, des créatifs vertébrés, par lassitude ou par aveuglement ont bel et bien changé de bord…

 ils ont décidé en quelque sorte de laisser parler leur crainte… tout en poursuivant leur chemin, ce qui fait qu’ils ne se sont rendu compte de rien… les moyens étaient bons puisque la fin les justifiait…

Peu importe les objectifs… ou plutôt, ce qu’il importe de garder en tête c’est que l’objectif c’est: la liberté de créer, la liberté d’improviser… c’est cela en définitive que nous défendons… c’est cela qui est aujourd’hui piétiné…

 Les autoroutes du comment vivre, les clapiers à bonheur, les mensonges, les clichés, les âneries, les magouilles… l’esprit de clan, la compétition, le grand vide… tout cela est de la crainte qui tente de se grimer… et c’est contre ça qu’il faut lutter… aucune certitude sur le chemin à prendre ne nous garantira la réussite de quoique ce soit… Une seule certitude… la certitude c’est de la crainte figée, glorifiée qui nous enterre… Un seul chemin… ouvrir grand les possibles… désengorger… communiquer cela… Improvisation et création sont les piliers… ils sont l’objectif et les moyens… ils doivent être le cadre et le moteur… la référence… et tout ce qui leur porte atteinte doit être modifié…

Il est là le chemin…

Extraits d’un article de Al sur le blog de Paul Jorion  www.pauljorion.com

 

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