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Avr 27

La vérité

À l’ère des fake news, des «faits alternatifs», beaucoup soutiennent que nous serions entrés dans une nouvelle phase de l’histoire dans laquelle la vérité ne compte plus.

Les discours comme ceux de Macron ou de Trump qui ont perdu tout ancrage dans le vrai peuvent renforcer ces affirmations. Le langage tordu, les inversions de causes et d’effets, le culot avec lequel tout cela est martelé sont tellement cyniques que l’on a l’impression d’un phénomène neuf.

De même les prestations des journalistes , elles construisent un monde tellement faux que tout le monde en parle , aussi bien ceux qui sont dans le camp des médias aux ordres que ceux qui sont dans l’opposition.

Le conflit entre le vrai et faux, l’usage du mensonge, de la propagande sont aussi vieux que la démocratie. Ce qui est nouveau, c’est le rôle des intérêts particuliers et des politiques spécifiques dans la dégradation du discours public.

Les intérêts particuliers ont pénétré au cœur du pouvoir, ils l’influencent, ils sont le pouvoir même. Et comme ces intérêts particuliers sont ceux des puissants, des ultra riches et des élites économiques, ils disposent des moyens de diffusion, des canaux par ou passent les informations

Les citoyens d’aujourd’hui ne sont pas plus stupides qu’ils ne l’étaient dans le passé. Ils ne sont ni plus sots ni plus crédules, simplement ils sont soumis à une pression colossale du mensonge.

Cette pression, cette répétition, n’ont pas équivalent dans le passé en raison des moyens modernes, monopolistiques de diffusion des nouvelles, des narratives, des romans qui les accompagnent.

Sachant cela, les pouvoirs en place se permettent tout, ils jouent sur l’absence d’alternative, sur la répétition et la persuasion plus ou moins clandestine. Les pouvoirs ont inventé de fausses estampilles et de faux experts, ils utilisent les discours d’autorité.

La répétition est un outil sous-estimé en psychologie, elle est pourtant à la base de la formation des sujets, de leurs convictions et donc de leurs comportements. Les répétions fabriquent des sujets nouveaux grâce à l’inscription dans leur psyché, inscription gravée soit par le plaisir soit par la douleur.

En ce sens, il y a une dimension tout a fait négligée dans les réflexions sur le vrai, le faux, le bidon, l’imaginé, l’inventé etc, cette dimension c’est celle du plaisir ou du refus de la souffrance

Ce que je suggère rejoint les grandes vérités exprimées par les observateurs de l’âme humaine et les grands moralistes.

A savoir que les hommes aiment leurs chaînes, ils aiment le mensonge parce qu’il va dans leur sens, dans le sens du poil; dans le sens du moindre effort, le sens du statu quo.

De beaucoup de choses, les hommes ne veulent surtout rien savoir.

Il faut être inquiets lorsque les politiciens prétendent être seuls à avoir un accès exclusif à la vérité.

« Considérée du point de vue de la politique », a déclaré Hannah Arendt, « la vérité a un caractère despotique ».

Extraits d’un article de Bruno Bertez brunobertez.com

 

 

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