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Jan 21

La raison d’état

[La raison d’Etat est un terme plus explicite  que le retour du Politique, eu égard à ce que nos Politiques nous montrent, encore faudrait il qu’il y ait des Hommes d’Etat]-alpha.b

 

Un article qui nous vient du Royaume-Uni, du Guardian, et intitulé « L’Allemagne exporte ses vieux » montre à quel point le vieillissement de la population, le financement des retraites et de la dépendance devient un problème insoluble.

 Mais ce qui retient mon intérêt dans cet article, c’est le chiffre actuel avancé de 400 000 seniors dans l’incapacité de payer leur maison de retraite, dont le coût très similaire à celui en France est compris entre 2 900 et 3 400 € par mois.

 Une grande association allemande attire donc l’attention du gouvernement sur le fait qu’il est hors de question de «déporter ceux qui ont fait de l’Allemagne ce qu’elle est devenue». Encore faut-il en avoir les moyens, mais vous l’aurez compris, l’ampleur de ce mouvement va rapidement poser des questions essentielles sur ce que c’est qu’une nation, le rapport entre les générations, les responsabilités des uns à l’égard des autres.

 Il ne s’agit pas d’assistanat dans tout ça. Il s’agit de savoir si on doit euthanasier nos seniors ou pas. Il s’agit de savoir jusqu’à quel prix on laisse vivre quelqu’un. Choquant n’est-ce pas ? Pourtant, bien qu’encore personne n’ose vous le dire, c’est bien cela la réalité cachée. Le coût du vieillissement alors que nous avons le coût de la crise à absorber… l’équation est délicate. Très délicate.

 La crise apparaîtra bientôt financièrement insurmontable pour de très nombreux pays occidentaux. Le coût du vieillissement de la population et de retraite doit être financé maintenant et ce coût n’est tout simplement pas supportable par une économie saine, encore moins évidemment par des économies malades.

 Alors, en attendant, on peut toujours exporter nos vieux en les délocalisant dans des maisons de retraite low cost à l’étranger, là où la main d’œuvre plus ou moins qualifiée coûte moins cher.

 Ce sera sans doute l’ultime avatar d’une mondialisation, d’une globalisation et tout simplement d’un monde devenu fou et sans repères car désormais c’est la nature même des nations et des peuples qui est remise en cause.

 La primauté du politique sur l’économique a toujours été une réalité. Disons que ces trente dernières années, voire quarante, nous avons décidé d’abandonner notre pouvoir politique au profit du pouvoir économique, mais ce n’est en aucun cas une fatalité et il ne tient qu’aux peuples de reprendre le pouvoir.

 Certains, pour ne pas dire beaucoup, me diront que c’est de la naïveté, de l’idéalisme ou les deux à la fois. Je répondrai simplement que les peuples restent au bout du compte maître de leur destin ou les victimes consentantes d’un destin qu’on leur propose.

 Il en fallait du courage, de la naïveté et de l’idéalisme pour dire « non » en 1940, et pourtant cela a été fait.

 Paradoxalement, je pense que l’on arrive au point où, désormais, l’économie dans sa forme actuelle – à savoir une espèce de libéralisme totalement dégénéré où les profits des banques sont privatisés et les pertes socialisées de façon inouïe – va se confronter à la raison d’État.

Extraits d’un article de Charles SANNAT  Le contrarien.com

 

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