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Fév 19

La main invisible

 

Ne nous y trompons pas : les déséquilibres et inégalités massifs de l’économie ne sont pas une anomalie mais bel et bien constitutifs du système.

 Il aura suffi d’un virus pour déstabiliser – je pense irrémédiablement – la structure qui risque fort d’imploser dès que le tapis des liquidités générées par les banques centrales sera retiré.

Evidemment, nul n’est jamais vraiment prêt à de tels chocs exogènes, les dirigeants sont tout sauf prêts pour la débâcle à venir.

Qui pourra faire quoique ce soit, du reste, lorsque les bourses s’effondreront de 50 à 60 %, que le crédit sera strictement rationné, que le chômage atteindra des paliers historiques, et ce pendant que les effets des stimuli des banques centrales – par définition provisoires- s’étioleront ?

Le salut n’est pas plus à attendre de la part de nos banques centrales qui auront épuisé toutes leurs munitions, qui n’auront plus d’autre alternative que d’enclencher le dévastateur taux d’intérêt négatif : annonciateur d’un réel changement de paradigme.

 Ne rien espérer non plus des Etats désormais tous surendettés après la crise sanitaire, dont certains – et pas les moindres – seront conduits à la faillite du fait de coûts de financement de leur train de vie qu’ils ne pourront plus assumer à cause de l’envolée des taux et de la crise du crédit.

Celle-ci ne ressemblera en rien à celle de 2008, qui avait déjà vu une liquéfaction sans précédent des actifs et une perte de confiance destructrice entre opérateurs qui avaient gelé littéralement tous les marchés financiers, donc toute l’économie.

Les dominos tomberont les uns après les autres, avec une facilité déconcertante.

Cette catastrophe sèmera une panique absolument généralisée qui mènera à une cessation des processus de distribution d’argent, y compris des cartes bancaires.

Non, les banques n’ouvriront pas lundi.

Cette « main invisible » censée nous apporter aisance et progrès – qui n’est en réalité que le marché-  doit donc être rapidement bridée voire brisée, car elle n’a su jusque-là que générer déséquilibres financiers, commerciaux, écologiques.

 Cette construction humaine faillible – qui a failli – n’a fait que protéger les siens : investisseurs, spéculateurs, créanciers.

 Les pouvoirs publics doivent à présent agir comme si nous étions en guerre :

domestiquer la finance, ramener les capitaux offshores, encadrer strictement les flux d’argent comme le taux de change.

 Afin de préserver notre mode de vie.

Extraits d’un article de Michel Santi                        www.michelsanti.fr

 

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