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Mai 22

La désinformation

[Sur Internet on trouve tout et n’importe quoi, mais on trouve tout, il suffit de chercher. Sur les autres médias, on ne trouve que n’importe quoi ! Quel bel exemple de manipulation que cet article !]-alpha.b

 

 

Editorial du journal LE MONDE du 23 mai 2012

L’euro ou la drachme ? Aux Grecs de choisir

L’hypothèse, mise en avant avec gourmandise par la presse anglo-saxonne, dont on connaît la sympathie pour l’euro, parcourt les couloirs des institutions européennes et les conseils des grandes entreprises. Alors, faut-il vraiment  » tout faire  » pour éviter le  » Grexit « , selon la formule (Greece exit) des financiers ? Depuis plus de deux ans, beaucoup a en réalité déjà été fait par l’Europe. L’union monétaire fonctionne mal, c’est vrai.

L’absence d’un véritable fédéralisme se fait ressentir. Un énorme effort de solidarité a néanmoins été engagé en faveur de ce petit pays. Douze sommets de crise, deux mégaplans de sauvetage, des dispositifs de soutien exceptionnels, une dette effacée pour partie… Au total, chaque Grec (ils sont onze millions), le fonctionnaire d’Athènes comme l’armateur du Pirée, a déjà touché depuis janvier 2010 l’équivalent de 31 000 euros, acquittés d’une manière ou d’une autre par les contribuables européens.

Mercredi 23 mai, lors du sommet des chefs d’Etat européens, à Bruxelles, le débat sur la manière de marier rigueur et croissance sera à nouveau abordé.

Une sortie de la Grèce handicaperait les perspectives de reprise. Elle ferait peser une menace de désintégration sur la zone euro. Elle aurait surtout des effets désastreux pour les Grecs : dépréciation de la monnaie, alourdissement de la dette, envolée de l’inflation. Bref, un appauvrissement encore accéléré. Le retour à la drachme : un drame pour Athènes.  » Tout faire  » ? La première chose à faire, c’est de s’assurer que les Grecs veulent rester dans l’euro. Or le message qu’ils envoient depuis plusieurs semaines n’est pas clair. Les sondages disent qu’ils souhaitent majoritairement rester membres de l’Union, ce que nous aussi nous souhaitons.

Lors des dernières législatives, ils ont pourtant voté, aux deux tiers, pour des partis qui rejettent, sinon l’Europe, en tout cas les règles du jeu de l’union monétaire. Il leur faut sortir de cette schizophrénie. Si les Grecs veulent continuer à faire partie du club, ils doivent en accepter le règlement intérieur – et l’appliquer. D’autres pays ont fait ou font aujourd’hui les efforts nécessaires – l’Irlande et le Portugal, notamment.

Il n’est pas admissible qu’un petit pays, par son refus des règles du jeu, puisse continuer à mettre en danger l’ensemble du continent. En novembre dernier, Georges Papandréou, alors premier ministre, plaidait en faveur d’un référendum. Les législatives du 17 juin en font office. Aux Grecs de choisir. En espérant qu’ils feront le bon choix. Sinon, l’Europe devra en tirer les conséquences. Sans état d’âme.

Erik Izraelewicz LE MONDE

 

 
 
 
 
 
 

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