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Jan 17

C.Q.F.D

L’origine des surendettements est historique, permise par la flottaison générale des monnaies et la rupture de toute contrainte qui limiterait leur émission. L’émission sans contrôle a permis la dérive exponentielle de crédit. L’usage du surendettement est politique, il a été utilisé pour pallier les conséquences déflationnistes de la globalisation conduite par la sphère financière: la dette a compensé la perte de pouvoir d’achat du travail domestique.

 La solidarité entre les banques et les gouvernements est organique. Les gouvernements n’ont pu s’endetter que parce que les banques leur ont fourni l’argent. Les Etats étant maintenant insolvables dans les conditions de financement normales, avec des intérêts positifs, il faut mettre les taux à zéro, reculer les limites de la solvabilité pour tout le système, accepter le trucage du bilan du système financier. Les Etats ont perdu toute latitude, toute possibilité de choisir leur avenir, ils existent sous contrainte de sauver leurs créanciers, ceux qui leur prêtent l’argent.

D’où la formation de ce que nous appelons un couple maudit, indissociable, banques/Etats.

Le mal est global car, peu à peu, au fil de la création monétaire américaine, tout le système a été infecté, les excès du crédit US se sont propagés par le biais du gonflement des réserves mondiales et la création de crédit domestique. Nous voulons dire que de la même manière qu’il y a une extrême solidarité organique entre les banques et les Etats, il y a une extrême solidarité organique entre les Etats entre eux. L’Allemagne, la Russie, la Chine qui se battent pour préserver une autonomie et le choix de leur destin sont comme des mouches dans un bocal qui s’agitent, s’épuisent mais n’en sortent pas.

Le « kick the can » est une politique non seulement à courte vue qui ne traite que les symptômes en aggravant le mal, mais il est destructeur en profondeur des économies réelles, des consensus sociaux et des principes mêmes sur lesquels reposent nos civilisations. Le kick the can, avec son accompagnement de mensonges, de délitation du système en profondeur, est un crime et sera jugé comme tel par l’histoire.

 L’histoire sera sans concession, sans indulgence. On sait que la vérité d’une époque, d’un moment, est toujours révélée par l’époque suivante, le moment suivant.

 Ainsi, la vérité de l’époque 1971-2008 a été révélé par la crise, la logique de cette crise est révélée par les faux remèdes actuellement utilisés et la nature profonde de ces faux remèdes sera révélée par les futures crises sociales qui se produiront. Car la crise est un processus de descente de l’abstrait vers le réel, de transmission, et un processus de remontée des périphéries vers le Centre.

Les jalons que nous posons ci-dessus et l’interprétation que nous fournissons de la situation rendent parfaitement compte de la situation politique. La situation politique se caractérise par le « bonnet blanc, blanc bonnet ». Les dirigeants, qu’ils soient de gauche ou de droite, mènent la même politique, ils ne divergent qu’à la marge. Au niveau de l’enrobage et de la cosmétique. Ainsi, en France, Hollande mène exactement la même politique que Sarkozy, austérité, hausse des impôts, régression sociale, tentative de flexibiliser les relations de travail, amputation des retraites, etc. Pourquoi ? Parce que les dirigeants ont beau être de droite ou de gauche, différence apparente, ils sont avant tout dirigeants et c’est donc une similitude, une solidarité profonde, qui les réunit. Un dirigeant a une logique de dirigeant, c’est celle-là qui s’impose à lui et donc, il est obligé de s’aligner, de renier. Il trahit les spécificités qui l’ont conduit au pouvoir.

 Ce contre quoi les peuples doivent lutter, c’est la position des dirigeants ; cette position d’alliance avec leurs créanciers et le monde de la finance. L’acte historique des peuples en cette période serait de refuser cette alliance, de la briser, afin de rendre aux dirigeants leur liberté et leurs spécificités. Ce serait remettre la démocratie sur ses pieds.

 Il est évident pour vous qui nous avez suivis que tout, dans la politique des gouvernements en place, tourne le dos au social. Ainsi le but recherché, absolument fondamentalement, est de lutter contre la déflation, c’est-à-dire d’empêcher la baisse des prix et de favoriser leur hausse. Mais au même moment, on a le cynisme de vouloir supprimer les indexations qui protègent contre la hausse des prix. On fait semblant de lutter contre le chômage, on veut que la machine économique tourne, mais on casse le pouvoir d’achat ou on l’ampute. Et tout est à l’avenant.

Extraits d’un article de Bruno Bertez sur leblogalupus.com

 

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