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Mar 13

Top chefs

 

Des dettes qui sentent de plus en plus mauvais

Parce que la crise des dettes souveraines, c’est en quelque sorte l’illustration du “syndrome des lasagnes” : une première couche de dettes immobilières a commencé à moisir en 2007.

Pour en masquer l’aspect peu ragoûtant et l’odeur nauséabonde, les Etats y ont rajouté plusieurs couches d’argent public (les dettes souveraines). Mais ce n’est pas ainsi que l’on peut enrayer la propagation de la moisissure, ni stopper la fermentation. Bien au contraire, plus on rajoute de pâte fraîche et de coulis de tomate, plus le processus s’accélère.

Et de quoi tente-t-on à présent de recouvrir les lasagnes de dette privées + dettes souveraines ? Eh bien tout simplement d’un couche supplémentaire de dettes pas encore créées (comprenez d’argent pas encore imprimé) baptisées MES.

Les Anglo-Saxons ne manqueront pas (le jour venu) de railler ce mécanisme de sauvetage qui fait fi de l’opinion des peuples et des parlements et qui porte un nom prédestiné en anglais : le “mess” — autrement dit, le gâchis, le foutoir… et autres notions du même acabit.

A chaque étape de la crise de la dette, nos banquiers centraux, coiffés de leur toque blanche barrée du signe Fed ou BCE, redoublent d’efforts pour épaissir les lasagnes maudites.

S’ils ont épuisé leur stock de sauce tomate, de farine et d’oeufs, ils devront faire preuve de créativité. Nous leur faisons confiance, ils doivent bien pouvoir encore trouver des bouteilles de ketchup et des feuilles de riz pour entretenir l’illusion le temps d’un dernier passage au four.

Mais dans la cuisine, ça sent de plus en plus mauvais et pour ne rien arranger, des fortes odeurs de fioul s’insinuent depuis l’extérieur.

▪ La Chine amasse du pétrole, mais pourquoi ?

Les marchés ont appris hier matin que la Chine avait enregistré un déficit commercial record (et historique) de 31 milliards de dollars au mois de janvier, causé principalement par un effort singulier de re stockage de produits pétroliers.

Tout le monde sait bien que ce n’est pas à cause de l’anticipation de grands froids puisqu’on se dirige vers le printemps, ni dans l’attente d’une activité économique plus soutenue puisque le PIB chinois devrait ralentir autour de 7,5% en 2012 (contre 9,2% en 2011).

Mais pourquoi Pékin s’empresse-t-il de remplir toutes les aires de stockage alors que l’OPEP ne constate aucun risque de pénurie en 2012, compte tenu du rythme plus lent de la croissance mondiale ?

Les Chinois redouteraient-ils une possible rupture d’approvisionnement ?

Personne ne semble se poser la question.

Et qui figure parmi leurs principaux fournisseurs ?

L’Iran.

 

13 mars 2012 | Philippe Béchade   La chronique Agora

 

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